Pourquoi les enfants font ils souvent des crises à 18h ?

Ce midi, je rentrais d’un atelier avec des professionnelles de crèches où nous avons parlé d’écoute des enfants et de leurs besoins… notamment le besoin de manger. En structure, le moment du repas est souvent un moment de plaisir, où les papilles entrent en actions, les enfants s’autonomisent, la couleur est au rendez-vous… les professionnelles innovent de plus en plus pour permettre aux enfants de s’alimenter en respectant leurs besoins. Nous avons abordé le fait que, bien souvent, les enfants connaissent plus de crises et de moments difficiles (conflits, disputes…) juste avant les repas…

Non ? Chez vous, non ? Ca ne se passe pas comme ça ? A 11h50, ou à 18h30 ? Des heures parfois difficiles, n’est-ce pas ?

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Eh bien mon petit garçon avait justement décidé de me mettre au banc d’essai juste en rentrant !

Pendant que je préparais à manger, il s’adonnait à son activité préférée : bricoler. Il adore ça, il construit souvent des choses en bois, il cloue, il visse… Il était en train d’imaginer transformer le petit charriot en bois que nous avons construit ensemble, afin de pouvoir l’utiliser pour transporter des choses plus grosses. Problème : nous n’avions pas les pièces de bois adaptées à la maison. Je le vois donc débarquer dans la cuisine, me demandant de scier une pièce dans toute sa longueur, chose impossible et dangereuse avec le matériel dont je dispose (seulement une scie pour tout dire ! Je suis une bricoleuse du dimanche !). Je refuse, par manque de temps et aussi parce que je sais que c’est voué à l’échec, en lui expliquant pourquoi. Première crise de larmes…. « Mais si ! Tu dois le faire ! ». J’écoute sa frustration, je mets des mots dessus … Nouveaux cris, pleurs… pendant un petit moment, il essaie de me forcer à faire ce que je n’ai pas du tout envie, il tempête. J’essaie de lui proposer d’autres solutions, comme aller acheter les pièces adaptées plus tard. Peine perdue ! Il commence à partir en vrille, il finit par jeter des choses dans la pièce par colère.

D’un seul coup, je prends un peu de recul… il est 12h20, il n’a pas encore mangé… et qu’est-ce que je disais déjà ce matin ?

Je l’ai donc vivement invité à venir manger illico presto (vive les carottes en bâtonnets et les morceaux de pommes), et …. En 3 minutes, le calme est revenu immédiatement, et j’ai retrouvé mon petit garçon dans son état normal, et le repas s’est passé dans une très bonne ambiance. Et surtout, il n’a plus parlé du tout de ce projet de bricolage après !

Que s’est-il passé ?

Le fait d’avoir faim a probablement mis son cerveau en état de stress, qui l’a rendu incapable de gérer une petite frustration. Et après, ça s’emballe et ça tourne dans le vide. Quand notre corps est en stress, nous affrontons beaucoup plus difficilement les petits stress de la vie quotidienne qu’en temps normal. Et comme le disait une participante ce matin… cela existe aussi chez les adultes ! Alors, chez un enfant, inutile d’attendre qu’il puisse se gérer tout seul en cas de faim intense.

Les besoins physiologiques, nous y faisons attention quand nos enfants sont petits…. Et après nous avons tendance à considérer qu’ils sont grands, et qu’ils peuvent bien attendre l’heure du repas. Ou de la récré. C’est vrai, c’est important de manger tous ensemble, c’est un moment agréable, de partage. Parfois, le repas se passe malgré tout mal parce que les enfants ont trop attendu, ils ont faim, ils dérapent, nous sommes énervés du coup (nous avons faim nous aussi !), cela génère des conflits…

Qui déteignent sur toute la famille.

On peut voir chaque personne comme possédant un réservoir affectif à l’intérieur d’elle même : satisfaire nos besoins remplit notre réservoir affectif, et nous permet de mieux gérer n’importe quelle frustration ou petit désagrément. Par contre, quand nos besoins ne sont pas satisfaits, notre réservoir se vide... et là, c’est beaucoup plus difficile d’encaisser la moindre chose désagréable. Et attention : on parle ici bien de besoins (et non de désirs), les besoins doivent être satisfaits pour que nous fonctionnions bien. Vouloir manger une barre de chocolat est une stratégie pour remplir un besoin, pas un besoin en soi. Il existe de nombreuses stratégies pour un même besoin.

Le plus simple est bien souvent de combler les besoins physiologiques des enfants au moment où ils se présentent. En matière d’alimentation, cela consiste à donner aux enfants à manger quand ils ont faim. Et cela ne veut pas dire forcément des gâteaux ou des barres chocolatées : des aliments sains font très bien l’affaire. Et pourquoi s’inquiéter s’ils mangent peu après au repas, s’ils ont déjà mangé un légume cru, un fruit, une compote sans sucre ajouté, des oléagineux …? Ils auront eu leur quota de vitamines, de nutriments.

À vous de donner les aliments qui vous semblent adaptés à leur santé, selon vos habitudes alimentaires. Par ailleurs, des enfants habitués à manger à leur faim et selon leurs sensations et envies alimentaires mangent la plupart du temps leur plat de viande ou de poisson, s’ils en ressentent le besoin physiologique, même s’ils ont déjà mangé un fruit. Parfois, c’est vrai, ils n’en mangeront pas, tout simplement parce qu’ils n’en ont pas besoin  aujourd’hui. Cela change de jour en jour, les enfants font souvent des monodiètes pendant quelques temps, puis changent. Le corps est une machine merveilleuse qui nous oriente naturellement vers les aliments dont il a besoin pour se construire. Nous pouvons faire confiance aux enfants, ils sentent très bien leurs besoins alimentaires. Lorsque ce n’est pas le cas c’est souvent qu’un conflit récurrent existe autour de l’alimentation.

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De nombreux parents mettent à disposition en permanence ou dans les moments critiques des morceaux de fruits, de crudités, des amandes, des noix, des noisettes (s’il n’y a pas de petits biensûr) en accès libre sur des tables basses par exemple. Les enfants viennent se servir quand ils en ressentent le besoin, ils apprennent ainsi à sentir et respecter leurs besoins alimentaires, qui ne sont finalement que des demandes du corps pour pouvoir bien se construire. Françoise Dolto disait qu’un petit enfant de 3 ans devrait manger toutes les 2 heures… quel décalage avec nos habitudes et notre culture alimentaires !

Vous allez m’accuser d’encourager le grignotage et l’obésité (si si, je vous vois venir). Et je vous répondrai que les spécialistes du surpoids alimentaire savent très bien que les personnes se suralimentent souvent car elles ne sentent plus très bien si elles ont faim ou juste envie de manger (pour d’autres raisons, émotionnelles bien souvent), et surtout elles ne savent plus sentir si elles sont à satiété. Tout l’enjeu est alors de renouer contact avec ses sensations corporelles autour de la faim. Chose que les enfants possèdent tout naturellement à leur arrivée sur Terre… ! Naturellement, les enfants s’arrêtent quand ils n’ont plus besoin de manger. À conditions que les aliments à disposition ne soient pas addictifs (chips, aliments fort sucrés ou riches en farine blanche, aliments contenant des additifs). Et qu’on les ait laissé s’arrêter de manger lorsqu’ils n’ont plus faim, même si leur biberon ou assiette n’est pas vide, afin qu’ils sachent reconnaître leurs sensations de satiété.

D’autres parents trouvent sinon avantage à avancer l’heure du repas (dans de nombreux autres pays, on mange le soir à 18h voire 17h30), et à passer par exemple le temps du bain / de devoirs après le repas, pour éviter que cela soit un moment tendu. Les enfants sont beaucoup plus disponibles pour les apprentissages, s’ils ont pu satisfaire leurs besoins au préalable : manger, boire, jouer, avoir du contact et de l’attention, pour n’en citer que quelques-uns.

Quand votre enfant semble partir en dérapage incontrôlé, en crise, la première question que vous pouvez vous poser est donc : ses besoins physiologiques sont-ils suffisamment satisfaits ? Comment puis-je l’aider à prendre soin de ses besoins ? A-t-il besoin de dormir, de boire, d’enlever un pull, de manger ?

Et vous, comment se passent les soirée et les repas chez vous ?

PS : les besoins physiologiques, c’est l’un des thèmes de l’atelier Vivre et Grandir Ensemble… si l’alimentation (ou le sommeil, ou la continence…) est quelquechose qui est compliqué chez vous, il peut être intéressant de le travaille en atelier.

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Des nouvelles de Fami’Lien en Mai

Qu’est-ce qu’elle a de révolutionnaire, l’éducation positive ? Pourquoi tout le monde en parle ? Dialoguer, ça ne marche pas !

Un des aspect méconnus du grand public, c’est l’approche émotionnelle dans l’éducation positive. Pendant des années, ou plutôt des décennies et des siècles, les émotions ont été niées, bannies, rejetées, moquées. Elles nous renvoyaient à notre statut d’animal, elles étaient associées à la violence, l’agressivité, la faiblesse, l’hystérie..  En France tout particulièrement nous sommes cartésiens : nous aimons la pensée, la réflexion, l’analyse…. Et …nous sommes convaincus que nous pouvons tout résoudre à partir de ce mode de fonctionnement. On nous a dit dans les années 80′ qu’il fallait parler aux enfants. Comprenez : expliquer, argumenter… sur un mode très rationnel, bien souvent. Et effectivement : ça ne suffit pas.

Pourquoi ?… Nous avions oublié une donnée essentielle : nos émotions. Et celles de nos enfants. Une grande partie de nos comportements sont influencés par notre vécu intérieur, parfois à notre insu. Les enfants sont encore plus influencés par leurs émotions que nous, particulièrement les bambins et les adolescents. Leur cerveau ne leur permet pas encore de tempérer suffisamment leurs réactions émotionnelles.

Aujourd’hui, les neurosciences nous apprennent l’importance de l’accompagnement des émotions dans l’éducation, et de l’empathie reçue par les enfants, pour leur bon développement, leurs apprentissages et leur capacité à vivre en société en respectant les autres. Alors, comment accompagner pleurs et colères des enfants, tout en posant ses limites ? Vous pourrez trouver des éléments de réponses dans les événements que je vous propose ci-dessous.

Au sommaire de cette Newsletter :
Formation Vivre et Grandir Ensemble pro et prochain événement découverte le 1er juin pour les professionnels de la petite enfance
Conférence – Comment réagir devant les pleurs et les colères des bébés et enfants  – Festival MaMasté – 4 juin – Grenoble
Atelier Gérer les conflits en famille par le jeu – Ecofestival en Grésivaudan – 5 juin – Lumbin
Conférence Sortie de l’école et devoirs, des clés pour apaiser les conflits – 9 juin – le Versoud
Ateliers Vivre et Grandir Ensemble  – à partir du 14 septembre – Grenoble
Accompagnement individuel pour les parents
Le coin des lecteurs : un numéro du magazine Peps sur la colère
Coups de coeur et découvertes
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Formation Vivre et Grandir Ensemble pro et prochain événement découverte le 1er juin

Un cycle de formation spécialement conçu renforcer les compétences des professionnelles de la petite enfance.

Objectifs : apprendre ou approfondir l’écoute empathique, la gestion des pleurs et colères en structure, la pose de limites respectueuses, l’utilisation du jeu dans la gestion des conflits, décoder les mécanismes de la mémoire traumatique qui peuvent perturber la posture professionnelle, favoriser le soutien, la cohésion et l’entre-aide dans l’équipe.

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La plaquette ci-jointe présente en détail le cycle de formation de 24h pour les structures (crèches, multi-accueils, halte garderies, RAM, centres de loisirs…), ainsi que les autres possibilités de formation selon vos besoins.

Pour découvrir la formation, un événement découverte gratuit aura lieu le mercredi 1er juin  de 9h30 à 11h00 à Grenoble, sur inscription, pour les professionnelles responsables d’une équipe ou d’une structure (ou déléguées par leur direction). N’hésitez pas à me contacter pour plus d’informations.

Inscription : 06 65 61 32 65 /  familien.isere@gmail.com

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Conférence – Comment réagir devant les pleurs et les colères des bébés et enfants  – Festival MaMasté – 4 juin – Grenoble

Grenoble a la chance d’accueillir le festival MaMasté pour les futurs et jeunes parents le 4 et 5 juin sur un site exceptionnel : la Bastille ! Pour allier l’utile à l’agréable !

 

J’aurai la joie d’animer une conférence le samedi 4 juin à 14h sur le thème des pleurs et colères des enfants et bébés.
Être parent est une grande joie au quotidien. Et pourtant, il n’est pas toujours facile d’entendre son enfant pleurer ou être en colère régulièrement. Que veulent dire ses émotions ? Pourquoi le petit enfant manifeste-t-il souvent des pleurs, de la tristesse, de la frustration ? On sait aujourd’hui que l’estime de soin d’un enfant et sa socialisation reposent notamment sur l’empathie qu’il reçoit depuis tout petit et la façon dont ses émotions sont accueillies. Comment accompagner au mieux les émotions qui peuvent surgir ? La conférence proposera quelques pistes pour comprendre, prendre conscience et réagir efficacement, dans un cadre bienveillant et soutenant pour tous les parents.

Inscription : voir le site
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Atelier Gérer les conflits en famille par le jeu – Ecofestival en Grésivaudan – 5 juin – Lumbin

L’Ecofestival en Grésivaudan aura lieu le 4 et 5 juin prochains à Lumbin, avec de très nombreuses animations, conférences, stands, spectacles, animations pour les enfants, ateliers… le thème de cette année est la forêt. Je vous invite à découvrir le programme très riche sur le site !

Vous aimeriez cultiver votre joie de vivre en famille? Apprendre à utiliser le jeu dans la vie quotidienne familiale ? Savoir comment aider votre enfant de façon ludique? C’est une des spécificités de ma façon d’accompagner les parents, et du réseau Parentalité Créative !

Aussi, je vous propose un atelier découverte Le jeu, un outil pour résoudre les conflits, le dimanche 5 juin à 13h30. Pour tous les parents et éducateurs.
La vie de famille, ça n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Et si les conflits quotidiens pouvaient être résolus de façon ludique ? Et si le jeu pouvait être utilisé pour apaiser les tensions et développer la confiance, l’estime de soi ? Le jeu est un outil idéal pour de nombreuses raisons, avec les enfants. Un atelier pour découvrir l’intérêt du jeu en famille dans le quotidien, et pour mettre de la joie au cœur des relations familiales.

C’est gratuit, sur inscription, inscrivez-vous dès maintenant car le nombre de places est limité !

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Conférence Sortie de l’école et devoirs, des clés pour apaiser les conflits – 9 juin – le Versoud

Le moment critique pour de nombreux parents, c’est la sortie d’école, le moment des devoirs et les soirées en semaine avec les enfants. C’est parfois le moment de crises, de colères, de conflits autour des travaux scolaires à réaliser, des choses à faire (bain, repas…). Comment faire pour obtenir une ambiance familiale sereine? Comment gérer les conflits qui se présentent à ce moment là? Comment aider les enfants à être disponibles pour les devoirs?

A l’invitation de l’association l’Enfant, parlons-en et de la FCPE du Versoud, je présenterai des pistes et des clés pour comprendre et résoudre ces problèmes, samedi 9 juin à 19h au Versoud. Pour plus d’information et pour les modalités d’inscriptions, merci de contacter l’association L’enfant, parlons en !
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Prochains ateliers Vivre et Grandir Ensemble – à Grenoble

Ateliers pour les parents 
Formation Vivre et Grandir Ensemble, en parentalité positive, avec 8 thèmes en 8 soirées.
Un cycle pour découvrir ou approfondir votre pratique de la parentalité positive et créative, découvrir des outils relationnels pour accompagner ses enfants avec empathie, apprendre à poser des limites sans fessée ni punition, utiliser le jeu pour développer la joie de vie en famille, comprendre ce qu’il se joue dans la relation avec les enfants. Ces ateliers ont comme spécificité d’apporter non seulement des outils pratiques, mais aussi d’apporter le soutien nécessaire à un changement durable et un cheminement personnel.
Les ateliers ont été créés par Catherine Dumonteil Kremer.

Les mercredi soirs 19h-22h, une semaine sur deux, à Grenoble
Début le mercredi 14 septembre
Participation :  60 euros par mois pendant 4 mois.
Inscription pour l’ensemble du cycle, attention seulement 12 places, n’attendez pas le dernier moment.
Renseignements / inscription : 06 65 61 32 65 / familien.isere@gmail.com

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Accompagnement individuel pour les parents

Le saviez-vous? Je propose également un accompagnement individuel sur RDV pour les parents. Un point particulier à travailler, quelquechose à dénouer, besoin de soutien et d’écoute, de pistes adaptées spécifiquement à votre vie de famille, besoin d’y voir plus clair ou besoin de changement ? En un dizaine de rendez-vous, nous travaillerons ensemble sur votre problématique, à votre rythme, avec notamment des activités créatives et des outils d’accompagnement personnalisés.

Consultations à Grenoble.
Renseignements 06 65 61 32 65 / familien.isere@gmail.com
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Le coin des lecteurs

Ce mois-ci coup de coeur pour le dernier numéro du magazine Peps

Ce numéro contient de nombreux articles très parlants sur la colère, celle des enfants, des parents, des hommes, des femmes… PEPS est le premier magazine dédié à la parentalité positive, une bonne dose de peps qui aide au quotidien à accompagner petits et grands avec bienveillance en donnant des pistes multiples. On y trouve des astuces, des idées, des infos, des expériences pour aider les enfants à devenir eux-mêmes, à centrer votre vie de famille sur la joie de vivre. Un savant mélange vitaminé de chroniques, articles approfondis, études scientifiques, BD, interviews, témoignages ! Vraiment, ce numéro est touchant et plein d’idées pour savoir que faire de la colère.

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Coups de coeur et découvertes
Retour sur les journées de la Bienveillance Educative de fin avril…. par le journal Place Grenet. J’ai eu la joie de donner une interview à l’une des journaliste, autour des alternatives aux châtiments corporels. J’ai aussi eu la chance de participer à la matinale de France Bleu Isère à cette occasion !
Accompagner les émotions de l’enfant dans les crèches et multi-accueil? Le point de vue d’Arnaud Deroo. Parlez vous le langage des émotions? Pourquoi et comment accompagner les émotions du petit enfant ?

Comment faire quand nos émotions nous débordent ?Le magazine Peps a publié une série d’articles en ligne en avril. Un article intitulé Les réactions disproportionnées, où peuvent elles nous conduire ?, s’intéressait à notre colère en tant que parent ou éducateur. Comment faire lorsque l’on est emporté par le flot de ses émotions? Ce sujet est aussi approfondi dans les ateliers 5 « quand la colère nous déborde »  du cycle Vivre et Grandir Ensemble que je propose tout le long de l’année.

Eduquer sans récompense ni punition : Enfin, je vous encourage vraiment à écouter la conférence de Mashall Rosenberg Eduquer sans récompense ni punition : l’approche de la communication non violente permet de changer de regard sur les comportements indésirables de nos enfants, que ce soit  face à un enfant qui regarde trop la télévision, ne fait pas ses devoirs… ou même dans une classe d’école ! Et d’être vraiment efficace pour provoquer des changements. Pourquoi éviter la punition ou la récompense ?
Bonne écoute !
Et plus d’articles et vidéos toutes les semaines sur ma page Facebook !
Bonne fin de semaine !
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Les Journées de la Bienveillance Educative en Isère

Vous souhaiteriez bannir les fessées et autres châtiments corporels de l’éducation de vos enfants, et pourtant vous ne savez pas toujours comment faire ?
Le 30 avril, c’est la Journée Mondiale de la Non Violence Éducative, avec des événements un peu partout en France et dans le Monde.

Les associations et professionnels de l’Isère se rassemblent pour les Journées de la Bienveillance Éducative en Isère,  du 23 au 30 avril.
Une occasion unique de découvrir comment faire autrement et être soutenu dans votre projet, à coté de chez vous !


​Pourquoi éviter les fessées ? Comment poser ses limites malgré tout  ? Comment permettre l’épanouissement des enfants, tout en leur apprenant à respecter les autres ?

Conférences, projections de films, ateliers, cafés des parents et discussion, événements festifs autour de l’éducation, autant d’occasions de trouver des pistes concrètes et abordables pour tous les parents et éducateurs, tout près de chez vous, en Isère!

Programme 2016 et toutes les informations sur les événements et organisateurs : http://education-positive.org/

Je suis co-organisatrice d’une projection tout public du film l’Odyssée de l’empathie le 28 avril à l’Espace Aragon à Villard-Bonnot. Il vient de sortir, je vous le recommande ! Si vous n’êtes pas en Isère, vous pouvez organiser une projection près de chez vous : http://odyssee-de-l-empathie.com/accueilfrancais.html
Et j’animerai un atelier qui fera suite à cette projection avec la MJC de Crolles sur le thème  Cultiver l’empathie en famille, ouvert à tous sur inscription et participation au quotient familial (info@mjc-crolles.com ou 04 76 08 01 81).
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Contact pour les Journées de la Bienveillance Educative en Isère  : journees.nve@gmail.com

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Prendre soin de soi en tant que parent … au secours, je ne m’en sors plus !

Parents à bout, enfants qui hurlent, maison en pagaille…

disputes freres soeursSouvent, conseil des copines : prends du temps pour toi, sors un peu, souffle !

Laissez moi vous dire que ces conseils partent toujours d’une bonne intention. Mais qu’ils peuvent être parfois assez mal reçus.

Ça m’arrive de me sentir à bout, dépassée, épuisée. Maman solo oblige… Et alors, déjà que je me sens incompétente sur le moment, si jamais quelqu’un arrive dans les parages pour me dire « moi je fais comme ci comme ça, tu devrais faire pareil », ou me donner des conseils « tu devrais sortir plus », je me sens encore plus nulle, incompétente, et j’ai surtout envie de lui mettre le feu à sa jupe . Oui !🙂 (même si c’est un mec!)

Parce que déjà je n’ai généralement pas l’énergie pour l’organiser. Et de plus, quand il y a vraiment un problème récurrent, c’est comme partir en vacances alors que sa boite est en train de couler… ça ne soulage pas vraiment. Et quand on revient, on reprend les mêmes problèmes.

De quoi avons nous besoin quand nous venons dire « au secours je ne m’en sors plus »?

{Petit aparté : déjà, arriver à le dire, c’est super dur, dans notre société où il faut être un parent parfait. Donc franchement, chapeau ! …}

Quand rien ne va plus, comme comme pour le masque à oxygène dans l’avion : la priorité c’est de remplir son propre réservoir affectif, en tant que parent. Parce que sans réservoir affectif plein, nous ne trouverons pas les solutions à long terme pour faire évoluer la situation, et nous ne pourrons pas aider nos enfants. Avec un réservoir affectif vide, notre cerveau fonctionne alors comme une voiture qui essaierait de rouler sans essence: nous tombons en panne. Nous fonctionnons avec certains carburants : il y a l’alimentation, biensûr, le sommeil, etc. Et nous avons aussi besoin d’un carburant tout spécial : nous sentir aimés et compris.

Remplir son réservoir affectif, c’est la copine ou le compagnon / la compagne qui vous écoute vous épancher, qui accepte vos larmes sans juger ni conseiller … c’est les amis ou la famille qui vous accueillent, trouvent du temps pour vous…  c’est les copinautes qui vous écoutent sur un forum, et reformulent ce que vous ressentez (oui oui ça existe) … ca peut aussi être la copine qui vous dit : tu sais, moi aussi, c’est trop dur pour moi. On se sent moins seul, et moins horrible, c’est déjà ça. C’est le groupe de parents dans lequel il y a de l’écoute…  c’est le thérapeute ou le coach parental qui vous accueille sans jugement, éventuellement, si besoin. C’est pouvoir être soi avec ses difficultés, et se sentir relié à quelqu’un. C’est mettre des mots sur ce qu’il se passe, sans jugement, sans conseil. 

Passque je sais pas vous, mais moi si je sors au milieu de gens joyeux alors que moi j’ai le coeur en berne, comment dire… en général j’ai envie de rentrer au bout de 2 secondes. Donc oui à la sortie, mais avec des copines qui vont prendre du temps POUR VOUS, pour vous ECOUTER. Au calme. Au hammam, dans un café ou un restaurant calme, à la piscine, dans la nature, chez des amis …

Il arrive que nous en venions à détester nos enfants. Oui. A avoir envie qu’ils disparaissent. Ou de les jeter par la fenêtre. Ne me regardez pas comme ça, que celui qui n’y a jamais pensé me jette la première pierre… petite pensée à Stéphanie Allenou qui a écrit un excellent livre à ce sujet, sur le burn-out maternel : « Mère épuisée… ». Si vous vous sentez dans cette situation, je vous invite à aller lire ce livre.

Alors biensûr, il y a plein de choses susceptibles de remplir notre réservoir affectif, en plus d’être écouté de façon empathique. Mais souvent, c’est LE besoin numéro 1.En prendre soin est un premier pas pour sortir du cercle vicieux de l’épuisement.

Remplir notre réservoir affectif dans la vie quotidienne

Pour le reste, une fois qu’on a trouvé de l’écoute, notre réservoir affectif dépend de nos besoins. C’est très personnel, et ce qui me régénère vous fatigue peut être… à vous de lister ce qui vous donne de l’énergie

Respirer. Aller faire un tour dehors. Téléphoner. Voir une amie. Aller dans la nature. Manger du chocolat. Faire un câlin. Prendre un bain. Écouter de la musique. Manger une madeleine. Caresser son chat. Aller sur facebook. Trouver refuge aux toilettes. Danser comme un fou. Chanter à tue tête. Sortir voir d’autres parents. Lire un livre.

Bref… tout ces petites choses qui peuvent nous mettre du baume au coeur, nous donner un peu de répit, nous permettent de nous retrouver et nous font un shoot d’ocytocine pour les heures à suivre. C’est évidemment plus facile si on arrive à trouver du relais pour avoir des moments de temps pour soi, si besoin.

Parfois, le plus dur c’est d’OSER demander.

N’est-ce pas ?

Le jeu, partenaire privilégié pour évacuer les tensions

On peut prendre soin de soi en dehors de ses enfants. C’est souvent nécessaire. Mais il est aussi intéressant de prendre soin de soi avec ses enfants. Parce que réparer la relation, cela aide à ce que cela se passe mieux.

Avec les enfants, jouer juste pour le plaisir peut être un excellent moyen de dénouer des tensions. N’avez vous jamais chaussé un nez de clown? Ca rend les choses beaucoup plus drôles ! Le plus dur, c’est nos propres barrières (peur du ridicule, pas le coeur à ça, jugements sur le jeu, etc). Rire ensemble est un excellent moyen de remplis son réservoir affectif.

Chez nous, on aime bien les jeux de rôle en cas de conflit : je prends le rôle du petit et je l’exagèèèèèère – j’air peeeeuuuuuuur, ne me fais pas de mal s’il te plait méchant monstre! –  devant mon garçon médusé qui souvent est mort de rire ! Ou prendre une voix spéciale pour demander quelquechose : demander de ramasser ses chaussette avec la voix de Winnie l’ourson, c’est plus sympa quand même ! Les jeux de chahut peuvent aussi être un excellent moyen, à condition d’être bien soi et de fixer des règles précises (voir le livre « jouons autrement » de Catherine Dumonteil-Kremer). Le karaté-chaussette, toutes les comptines avec massage, sont souvent un bon moment. En plus de procurer du contact et de l’attachement, ils permettent de rire.

Il y a biensûr aussi les activités avec un seul enfant, moment privilégié, en faisant quelquechose que nous aimons. Les lieux d’accueil parent-enfant, aussi.

Est-ce que ça résoud tous les problèmes?

Biensûr, non ! Mais cela permet au parent d’avoir plus de ressource pour aller chercher ses propres solutions. Combien de parents sont venus chercher du soutien et sont repartis avec des conseils – parfois venant de professionnels – qui les ont rassurés sur le moment, mais se sont avérés inapplicables dans leur foyer. Parce que poser des limites quand on est à bout relève plus du rodéo que de l’éducation.

Et cela n’empêche pas d’aller trouver de l’information sur la résolution des conflits, sur la communication avec les enfants, etc, quand on va mieux. Mais un parent qui arrive épuisé, n’a pas la disponibilité nécessaire ni pour recevoir un conseil, ni pour entendre des solutions qu’il n’arrivera pas à mettre en place. La priorité, c’est lui, ses émotions et son réservoir affectif. Le reste viendra tout seul après. On apprend bien mieux de son expérience quand on est disponible.

Par ailleurs, il arrive que l’épuisement résulte d’épreuves que nous traversons en dehors de la famille (deuil, séparation, perte d’emploi, conflit…), qui mettent tout le monde à cran… nous n’avons plus l’énergie pour nos enfants, et ceux ci ressentent notre indisponibilité, ce qui les met en insécurité et peut augmenter les comportements qui nous épuisent. Il arrive aussi que nous vivions quelquechose de difficile mais que nous ne le ressentions pas, et que nos enfant se mettent au service de nos besoins émotionnels. Mais ça, nous en reparlerons plus tard, même si prendre soin de remplir son réservoir affectif est tout aussi approprié !

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Comment faire pour qu’il fasse ce que je lui dis de façon bienveillante ?

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Parfois en tant que maman je ressens une grande lassitude….
Devoir répéter toujours la même chose….
Devoir me battre pour que mon fils se brosse les dents, mette ses chaussures, mette ses chaussons (j’ai un voisin de dessous qui a manifestement une hypersensibilité aux bruits de talon sur le sol), ranger ses jouets, qu’il aille dormir, qu’il dorme …. fatigant !

Alors l’envie est très grande d’utiliser les outils de communication que je connais avec uniquement l’objectif qu’il fasse enfin ce que je lui demande. Disons le, au fond, j’aurais envie qu’il obéisse, même si je déteste ce mot (attention, ça me coûte de le révéler ici !)
C’est d’ailleurs à peu près tous les jours que je tombe dans cet écueil en ce moment🙂

Oui et me dites-vous, où est le problème ?

Le problème c’est que ça n’est pas bienveillant    ….     non, je rigole !😉 cf mon précédent article

Non, le problème, c’est 1. c’est épuisant, 2., ça n’est pas efficace et 3. ça altère le lien avec mon fils puisque moi je suis en rogne contre lui, et lui il en a marre que je veuille lui dire ce qu’il a à faire, sans que je tienne compte de lui.  Et petit à petit, disons le clairement, ça pourrit l’ambiance dans la maison. Et mon estime de moi en tant que maman, au passage aussi.

Aller, aujourd’hui je vous emmène faire un petit tour au pays de Gigi la Girafe
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Vous connaissez ces petits livres sur l’éducation Non Violente? (dommage qu’ils ne soient pas plus connus, on peut les trouver ici et ici). Mon fils les adore et me demande inlassablement de lui lire et relire…. Un petit tour par-ci, un petit tour par là…. Gigi la Girafe et sa petite chanson :

Et toi, comment te sentais tu quand maman t’a demandé de mettre tes chaussures  pour la 3e fois?

Eh oui…. parfois très souvent, obnubilée par le temps qui passe, la montre, le stress, la peur de passer pour une mauvaise maman qui arrive souvent toujours en retard,  tout ce que j’ai à faire… j’en oublie mon petit bout de chou, ce qu’il vit, ce qu’il ressent, qu’il a ses propres besoins, objectifs…. J’oublie tout ce que je sais depuis si longtemps….  J’oublie que les ordres conduisent à la résistance, que ne pas tenir compte de ce que vit l’autre conduit à une distance…. C’est tellement plus court d’essayer de lui faire peur pour qu’il se plie à mes exigences.

Alors parfois je m’imagine que je me prends un bon thé, que je m’installe sur mon fauteuil préféré, que je suis bien, et que je le regarde avec tendresse. Je peux prendre du recul.

Qu’est-ce qu’il se passe pour lui?

Les enfants adorent coopérer. Ils aiment faire plaisir à leurs parents. Mais ils ont besoin de se sentir pris en compte aussi. Ils ont aussi des besoins. Probablement que là, s’il rechigne pour la Nième fois, c’est qu’il y a quelquechose qui ne va pas.

L’écoute émotionnelle et l’empathie, des clés de la relation

Bon ok. On fait quoi là?
[je vous vois déjà venir : ah oui blablabla il faut écouter l’enfant donc on le laisse jouer tranquillement, il ne va pas à l’école et nous pas au boulot. Nanmého n’importe quoi! ]. Je ne dis pas que ça ne pourrait pas être une solution, pour certaines personnes ou de temps en temps. Mais pour moi, c’est au-delà de mes limites : je n’ai pas envie qu’il rate l’école. Je ne compte donc pas lâcher prise sur ce point. Ne pas lâcher prise n’empêche pas d‘écouter les sentiments de l’enfant.

Je pourrais très bien lui parler de mes peurs d’être en retard, etc. Ce qui serait tout à fait juste.

Seulement j’oublie un détail là : il a aussi un problème avec ça apparemment. Puisqu’il fait de la résistance. Mon enfant aurait peut être besoin de se sentir entendu dans ce qu’il vit. Je peux choisir de me mettre à l’écoute de ce qu’il vit, à la fois pour ajuster mes solutions, mais aussi pour que nous soyions bien en lien.

Tu n’as pas envie de te mettre tes chaussures  on dirait….

Dans le livre, il répondrait :

Quand tu m’as interrompu alors que je jouais à inventer une histoire super importante pour moi pour me dire mettre mes chaussures  en me donnant un ordre et en parlant sèchement, je me suis senti pas respecté du tout, et agacé, parce que je n’aime pas qu’on me dise que ce j’ai à faire. Et j’ai eu un peu peur de toi aussi.

Biensûr en vrai mon fils ne parle pas comme ça, et il répondra plus laconiquement. Et j’aurai besoin d’être à l’écoute, de valider ses sentiments avec des mots ou en silence un petit moment avant que nous ayions fait le tour. Mais le principe est le même…. Cela permet à l’enfant de retrouver une place dans la relation, et à l’adulte d’être en empathie avec ce que vit l’enfant. Personnellement, je trouve que cela calme mon agacement, qui est surtout lié aux projections que je peux faire sur les intentions de mon fils vis à vis de moi (il veut me contrarier, il me teste, il ne m’aime pas) ou sur moi même (mon dieu je suis une mauvaise mère, si les autres me voyaient, je suis encore en train de me faire bouffer par un autre…).

On fait quoi maintenant?

Souvent, il m’arrive souvent qu’une fois les sentiments de mon fils écoutés, il coopère bien plus facilement. Son besoin , c’était d’être entendu. Dans ce cas, hop hop hop chaussures et c’est parti.

L’idée qu’on explore souvent ici, c’est de tenir compte des besoins de chacun.
Les siens : manifestement, se sentir respecté et avoir le choix de mettre ses chaussures ou non. Se sentir écouté. Etre sûr qu’il peut jouer à ce qui est important pour lui. Besoin peut être de comprendre le sens de cet empressement.
Les miens : Etre rassurée sur l’horaire, sur le fait que je vais pouvoir utiliser ma journée comme prévu. Etre rassurée que je ne vais pas avoir de problèmes avec l’école.  Etre rassurée qu’il va avoir les pieds au sec et en sécurité pour aller dehors.

J’ai écouté ses besoins. Je peux lui parler des miens, s’il n’est pas trop en crise. Une fois tout cela posé, il est plus facile de trouver une solution, lui même peut en proposer une. Il est possible aussi que je décide d’avancer le réveil de 15 minutes pour qu’il ait plus de temps pour jouer, ou que je le prévienne mieux de ce qu’il va se passer dans la journée. Une fois ses besoins identifiés grâce à l’écoute…. il est beaucoup plus facile de chercher des solutions qui ont plus de chances d’être efficaces.  Est-ce qu’il est possible pour moi de lui faire confiance pour tenir compte de mes besoins à moi aussi? Il est probable qu’une fois qu’il se sera entendu et écouté, il arrive mieux à entendre mes demandes et peurs.

Long tout ça? Inapplicable au quotidien?
Bon ben moi je vous laisse avec la lassitude, l’énervement , le combat quotidien , et je vais me remettre plus à l’écoute pour me faciliter la vie🙂

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C’est bienveillant ou pas bienveillant?

avril-2014- 128

C’est une question qui revient souvent chez les parents qui s’intéressent à la parentalité positive: face à un autre parent qui s’énerve, face à une grand-mère qui n’écoute pas un enfant, face à un enseignant qui a du mal à gérer sa classe et qui utilise ses propres solutions….  Ce n’est pas bienveillant, elle n’est pas dans la bienveillance ! Et surtout, quand on creuse un peu, les parents ont tendance à catégoriser tous leurs propres agissements en « bienveillant » / « pas bienveillant. Et à beaucoup culpabiliser quand ils n’arrivent pas à être bienveillants.

Quand j’étais jeune maman et depuis mon enfance, j’avais pour habitude de classer les choses, les gens, les comportements en « bien » ou « pas bien / mal« . Comment savoir ce qui était bien de ce qui ne l’était pas?

Puis quand j’ai découvert l’éducation non violente, j’ai commencé aussi à faire des catégories « bienveillante » / « pas bienveillante ». Pour moi et pour les autres. Remarquez bien que cela revient en fait strictement au même, puisque ce qui n’est pas bienveillant du coup, c’est maaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaallll ! En fait, je me fiais à un jugement extérieur pour guider mon comportement. Est-ce que je suis une bonne mère ou une mauvaise mère, là? Et quand je classais les autres dans l’une ou l’autre catégories, c’était surtout pour me rassurer moi… que j’appartenais bien à la bonne catégorie. Le problème quand je fais cela, c’est que je me regarde moi plutôt que d’être à l’écoute de ce qu’il se passe, d’être à l’écoute de mon enfant. D’ailleurs mon fils me le faisait bien savoir…. Et mon problème était que je n’arrivais pas à être à l’écoute et que mes problèmes ne se résolvaient pas du tout. Les meilleurs outils de la parentalité positive peuvent être complètement inefficace si ils sont utilisés dans l’intention d’être « bienveillant ». Pour pouvoir être efficace pour résoudre des conflits, il y a besoin d’être à l’écoute de l’autre, surtout quand on est face à un enfant. Pas en train de juger son propre comportement. Biensûr, prendre du recul est important, mais pas à coup de jugement.

 

Tout jugement cache toujours une émotion

 

Pour sortir de cette situation, c’est nécessaire de sortir du jugement et d’aller chercher ce qu’il y a derrière. Autrement dit aller voir quelle émotion se cache en nous, derrière le jugement. Le jugement est une défense pour ne pas sentir ce qu’il se passe en nous.  C’est lui qui nous amène à penser « mais qu’est-ce qu’elle est capricieuse cette gamine ! », c’est à dire à faire des interprétations sur l’autre, au lieu de réaliser qu’on se sent impuissant ou démuni…

Alors, plutôt que bienveillant / pas bienveillant, qu’est-ce que je ressens?

Que vit l’autre de son coté?

Je ne peux pas me tromper si j’écoute avec empathie mes besoins, ceux de l’enfant ou de l’autre personne et que je cherche des solutions qui concernent l’avenir. Et on ne peut pas être à l’écoute d’un enfant si on n’est pas à l’écoute de soi… pour être en empathie il est nécessaire de ressentir. Or, être dans le jugement « bienveillant / pas bienveillant » nous sort de notre ressenti pour nous emmener dans notre raisonnement, dans notre tête, loin de nos émotions.

Comment faire en pratique?

Quand je suis confronté à une situation difficile pour moi, je peux me centrer sur mes sensations, sur ma respiration, pour faire un pas de coté. Je peux me mettre à l’écoute de ce que me dit mon corps. Biensûr, mon mental m’emmènera souvent ailleurs, vers un jugement sur ce que fait l’autre, sur ce que je dis ou fais, mais je peux choisir quand c’est le cas de revenir  vers ce que je ressens. Certains choisissent de sortir de la pièce s’ils se sentent trop en colère par exemple, face à un enfant qui tape. Lorsque mon enfant vit quelquechose de difficile, je peux me rappeler que ce dont il a souvent le plus besoin c’est de se sentir entendu, compris, et me mettre à l’écoute avec empathie.

Et la culpabilité?

Souvent quand nous sommes dans le jugement de nous même, nous ressentons beaucoup de culpabilité quand nous n’agissons pas « comme il faut ». Et nous sommes toujours dans ce jugement de nous même…  si j’apprends à  me dire « j’ai fait du mieux que j’ai pu à ce moment là », je pourrai regarder avec beaucoup plus d’acuité ce que j’ai ressenti et ce qui m’a amené à réagir comme je l’ai fait. Et c’est important, car c’est en faisant ce travail que je pourrai apprendre de mes erreurs éventuelles. J’ai besoin de me regarder avec empathie et amour pour apprendre des situations que je vis. La culpabilité, si elle n’est pas dépassée, empêche d’apprendre de ses erreurs car elle nous amène à nous coller des étiquettes : « je suis incapable », « je n’y arrive jamais », « je ne suis pas comme les autres ». Et comme toutes les étiquettes, elles finissent par nous coller tellement à la peau que nous n’arrivons plus à en sortir tellement chaque situation semble confirmer ce que nous pensons de nous mêmes.

Et les autres alors ?

Si l’autre n’est pas bienveillant…. que cache mon jugement sur lui? Eh oui, aussi une émotion !
Souvent, c’est l’enfant en moi qui a vécu une situation semblable et qui ressent de la colère face à cet adulte.  Si l’on a à coeur d’aider les autres à changer, il est très important de travailler sur ce  que nous ressentons en voyant ces autres faire, sur les émotions qui surgissent et nous informent de ce que nous avons pu vivre enfant et qui n’a pas été résolu bien souvent. Ce n’est souvent que quand j’ai pu travailler sur ce que je ressens que je vais pouvoir réellement entendre ce qu’il se passe pour l’autre personne et être en mesure de l’aider si elle le souhaite.

Quoique fasse la personne en face de moi, mon jugement la braquera ou l’enfoncera (selon son caractère), ce qui n’est sans doute pas mon objectif. Si cela peut donner l’impression que cela fait du bien, de lui envoyer ce que nous pensons de lui dans la figure, cela aura souvent pour résultat de rendre la relation peu harmonieuse et agréable et d’ancrer cette personne dans le comportement qu’on n’apprécie pas.

Par exemple, face à un adulte qui laisse pleurer un bébé, je peux aussi entendre qu’elle a peut être des informations erronées sur les pleurs des enfants, ou peut être que ce n’est pas possible pour le moment pour elle ou lui d’être à l’écoute de l’enfant. Comment faire, que dire?

Face à un adulte qui met une fessée, je ressens souvent de la colère. Si j’identifie ma colère, je peux prendre un peu de recul (ça me prend souvent de longues minutes pour ma part, parfois plusieurs jours!) et enfin voir la situation sous un angle différent : ce qui a motivé la fessée, c’est souvent la colère du parent ou son impuissance à régler la situation et prendre soin de ses besoins. Il a souvent eu une réaction automatique. Ce qui peut aider un parent qui est sur le point de mettre une fessée, c’est que quelqu’un l’aide à identifier sa colère, à mettre des mots dessus. Je me souviens d’un papa qui avait raconté à une réunion qu’il avait alors dit à l’enfant : « Waouw ton papa, il a l’air drôlement en colère ! ». Et le papa s’était apaisé. L’écoute aide à réagir moins vivement.

Face à un enseignant qui utilise des méthodes qui ne me conviennent pas et me font craindre pour mon enfant, si j’arrive avec mes gros sabots et mes conseils ou mes informations, il risque d’entendre : « vous êtes incompétent! », ce qui n’est pas de bon augure pour qu’il s’ouvre à d’autres façons de faire. Et d’ailleurs, si mon intention est qu’il change absolument, je risque d’échouer car il le sentira probablement. On dit toujours qu’un bon conseiller commence par se faire embaucher : le secret pour ces situations, c’est l’écoute et le lien, avant tout. Écouter ce que vit l’enseignant et valoriser ce qu’on apprécie de lui. Et c’est certainement plus facile de le faire avant que des problèmes surgissent ! Nous sommes tous prêts à entendre des conseils d’une personne quand nous sommes sures qu’elle ne nous juge pas, nous apprécies à notre juste valeur et ne cherche pas à nous changer mais juste à nous aider. Et quand nous avons pu exprimer la situation vue sous notre regard.

L’empathie, pour et pour l’autre, est une clé incroyable pour résoudre bien des situations et sortir de cette dualité bienveillant / pas bienveillant.

Bonne rentrée à tous !

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De la culpabilité à la croissance

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Emma a 3 ans. Sa mère parle de ses nombreux soucis avec elle. Elle fait de grosses colères, elle hurle, elle tempête. Matin, midi et soir. Pour tout et pour rien.  Sa mère semble visiblement à bout. Elle n’en peut plus de cette situation, de cette enfant qui lui donne tant de fil à retordre. Elle ose dire du bout des lèvres qu’elle ne peut pas faire autrement que de hurler, dans ces cas là, de l’enfermer dans sa chambre, de la priver de quelquechose qu’elle aime bien. Je sens qu’elle sonde dans mes yeux comment je vais réagir.
Vais je la ranger dans le camp des mauvaises mères?
Soulagement …. j’ai vécu ça moi aussi, et je compatis surtout avec la difficulté que ça doit représenter au quotidien pour cette maman.

Cette maman a de la chance. Elle a suffisamment d’estime d’elle même pour en parler, et du coup pour trouver de l’aide, de l’écoute et des solutions. Quelques semaines plus tard, son problème s’apaisera et elle trouvera en elle des réponses à ses nombreuses questions.

Son histoire me replonge dans la mienne, quelques années plus tôt. J’ai été une maman qui rencontrais des problèmes. Comme tout le monde. Mais moi j’avais si peu confiance en moi….  comme beaucoup de gens, je n’osais pas en parler. Par peur du regard de l’autre. Quand mon fils faisait une crise en public, je rougissais de honte, je me sentais mal et j’avais envie de filer dans un trou de souris. Du coup j’avais tendance à faire n’importe quoi avec mon fils dans ces cas là, par réaction de malaise.  Je me sentais très mauvaise mère. J’avais beau lire plein de choses, de livres, etc. Dans lesquels il y avait plein de solutions. Mais mon fils ne fonctionnait pas comme dans ces livres.  Et surtout je n’arrivais pas à être toujours calme, à être à l’écoute, et je savais bien quelles étaient les conséquences de ma façon de faire. Je savais que hurler n’arrangeait rien, que punir n’était pas très efficace à long terme. Sauf que de penser à cela me rongeait de culpabilité. A cette époque, en fait, j’essayais d’enfiler le costume de la maman parfaite, car c’est ce qu’on avait toujours attendu de moi.

Déjà petit, les erreurs étaient mal vues, j’étais sans cesse évaluée à l’école, à la maison vis à vis de mes soeurs. Les adultes me disaient ce qui étais bien, ou pas bien. Moi? Je n’en savais rien biensûr, puisqu’ils savaient tant pour moi. J’avais appris que l’adulte a un droit de regard sur moi, sur mes capacités. J’avais appris qu’il ne fallait surtout pas faire d’erreurs, faute de quoi je pourrais devenir – horreur – un cancre. Ou un chomeur longue durée. Ou un SDF. Rien de moins. L’erreur était dévalorisée.  C’était une faute.

Adulte, j’ai eu beaucoup de mal à me défaire de cette façon de penser.  Et à commencer par quand je suis devenue maman.  Je cherchais sans cesse dans le regard de l’autre une approbation, et je culpabilisais énormément quand je m’écartais de la « bonne maman » que je cherchais à être. Et vouloir être un parent bienveillant n’a fait qu’ajouter au début à ma difficulté : le Graal était bien difficile à atteindre. C’était source de souffrance.  Et comme ça me mettait en colère de ne pas y arriver, je hurlais souvent de plus belle.

Problème : en faisant cela, je me regardais moi, je n’étais pas là pour mon enfant. Moi qui cherchais à être à l’écoute, je ne faisais que réagir par peur du regard de l’autre.  Et la peur engendre une impossibilité d’être en empathie avec l’enfant. Du coup, souvent, l’enfant sent très bien qu’il n’est pas écouté, et redouble son comportement pour faire revenir son parent vers lui. Souvent en vain car du coup le parent culpabilise encore plus de ne pas y arriver….

La solution? J’ai mis du temps à la trouver, mais aujourd’hui elle me parait évidente : on ne peut pas être à l’écoute de ses enfants et de leurs besoins tant qu’on n’est pas à l’écoute de soi, et tant qu’on n’accepte pas ses propres erreurs comme source d’apprentissage.

accepter d’en être là où on en est. la première marche de l’apprentissage, c’est de voir qu’on ne sait pas faire. c’est douloureux, frustrant, mais complètement nécessaire.

FV

 

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Aller plus loin?
Travailler sa relation avec ses enfants en atelier de parents

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