L’épineuse question du rangement : Konmari à la rescousse des parents ;-)

C’est une question récurrente en tant que parent…. les enfants dérangent, mélangent, et oublient facilement de ranger leurs affaires. A moins que vous ayiez un troizans dans sa période sensible de classification, c’est souvent un casse-tête pour garder une maison en ordre sans s’énerver. Comment faire pour trouver un compromis avec les enfants et leur permettre de s’autonomiser sur le rangement ?

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Je fais partie des parents pour lesquels ça n’était pas du tout une question évidente. Enfant, j’ai surtout le souvenir de hurlements et de cris autour du rangement, de reproches, de critiques… C’était une obligation de ranger quand l’adulte le désirait, d’un seul coup, un ordre, ça ne se discutait pas. Et souvent je ne le faisais pas, ou pas assez bien, trop prise dans mes jeux, et surtout parce que je ne voyais pas du tout l’intérêt. Je me souviens avoir dit à ma mère : Pourquoi veux tu donc que je fasse mon lit , ça ne sert à rien puisque je le défais tous les soirs ! … Elle n’avait pas su quoi répondre, mis à part C’est comme ça. En général, ma mère finissait par ranger à ma place en râlant. A force, je me suis considérée comme nulle et incompétente à ce sujet, bien que j’aime l’ordre comme tout le monde. Je me suis étiquetée « Bordélique« , j’en souffrais mais j’étais convaincue que je ne savais pas faire autrement. Aussi pendant longtemps, devenue maman, cette question est restée un peu en friche, parce que je ne voulais pas reproduire cela. Et en même temps, je ne savais pas comment faire pour faire ranger mon fils, qui biensur refusait systématiquement de s’y mettre. Oui, pendant longtemps, je lui demandais de ranger, je m’y mettais avec lui et je me retrouvais à faire à sa place….

Mais à quoi ça sert de ranger ?

L’ordre est un besoin

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Tiré du très beau jeu de cartes « l’expression des besoins » : le besoin d’ordre

Ce n’est peut être pas évident pour tout le monde, mais l’ordre est un besoin, au même titre que les autres besoins, qu’ils soient physiologiques, affectifs. Pour s’y retrouver dans nos affaires, pour y voir plus clair, pour pouvoir circuler, nous avons besoin d’ordre. Cela veut dire aussi que ce besoin n’est pas forcément prioritaire sur les autres besoins, mais qu’il existe, et qu’il peut se manifester à des moments différents selon les personnes. Certaines personnes ressentent très peu ce besoin, d’autres beaucoup plus souvent. Il n’y a pas de mieux ou moins bien, chacun est différent ! Mais ça se complique quand on vit ensemble, à plusieurs.

Pour les enfants, cela prend du temps pour apprendre que l’ordre est un besoin, pour expérimenter que quand nos affaires sont rangées, nous nous sentons mieux que dans le désordre. Il est utile d’apprendre à son enfant à prendre conscience de son besoin d’ordre. C’est beaucoup plus facile de coopérer quand on a déjà ressenti le même besoin soi même.

Mais alors comment leur apprendre à ranger ?

Poser des questions et aider à se représenter l’espace !

Un point très important que j’ai appris de Marie Kondo (qui n’a pas d’enfants, mais j’ai adapté librement sa méthode au rangement avec les enfants) : il est important que l’enfant décide par lui même de l’endroit où chaque type d’objet se rangera. Dès qu’il est capable de parler, on peut l’aider à décider : on prend chaque objet dans la main, et on lui demande : Ou vas tu ranger cette voiture ? Il proposera peut être des endroits farfelus, ou pas du tout pratiques. N’oubliez pas, il est petit et n’arrive pas à anticiper les problèmes, c’est normal. C’est votre rôle de l’aider à en prendre conscience. Si tu le ranges sur ton clavier de piano, tu ne pourras plus te servir de celui-ci. Ou pourrais-tu le mettre pour qu’il ne t’empêche pas de jouer ? A cet endroit, on risque de marcher dessus quand on va à l’armoire. Sur cette étagère, oui, ça m’a l’air ok. Alors on le rangera toujours là dès qu’on aura fini de jouer avec. C’est l’étagère des motos. Et on range tous les objets du même type au même endroit.

Ou vas tu mettre tes crayons ? Avec quoi en as tu besoin quand tu dessines ? C’est notre rôle de le faire réfléchir en posant des questions, essayez, c’est bien plus efficace ! Ranger les objets selon les moments d’utilisation, avec les objets qui sont utilisés en même temps, permet de gagner du temps. C’est évident pour vous peut être, mais pas pour eux ! En posant des question, nous faisons travailler son cortex, et lui permettons de créer de nouvelles connexions, et apprendre à anticiper et réfléchir avant d’agir.

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Il est très utile de réunir tous les objets de la même catégorie ensemble (par exemple, les livres, les CD, les poupées, les voitures…), par piles par exemple. Et ensuite, demander à l’enfant où il les rangera toujours.

Trier les jouets et livres

Un des problèmes majeurs du rangement, c’est le fait d’avoir trop d’objets. Il peut être utile d’apprendre à nos enfants à faire du tri dans leurs affaires, pour ne pas être encombré. Certains parents font tourner les jouets, une partie dans le garage, une partie dans la chambre, et ensuite on change régulièrement.

Quand on prend un objet en main pour se demander où le ranger, on peut aussi poser à  notre enfant la question : Veux tu garder ce jouet ? As tu du plaisir à le voir dans ta chambre, t’est-il utile ? Ou bien préfères tu le donner, ou le vendre? Cela permet de faire du tri régulièrement. Oui, certains jouets sont des cadeaux. Mais ils ont déjà rempli leur fonction : faire plaisir, au moment où ils ont été offerts. Si l’enfant ne joue pas avec, le garder ne fait qu’ajouter du bazar dans sa chambre.

Ranger de façon visible

Les enfants ont souvent besoin de voir leurs jouets pour penser à y jouer. Aussi, ils n’aiment pas ranger quand les objets disparaissent de leur vue, car pour eux, ils n’existent plus. Les bacs à jouets à tiroirs ouverts au dessus sont plus appropriés car ils permettent d’avoir les jeux sous les yeux. Souvent, de petites étiquettes avec des images pour les plus petits, sur les tiroirs ou portes des meubles, les aident à visualiser ce que contient l’armoire. C’est parfois pour cela qu’ils n’aiment pas ranger, parce que du coup c’est comme s’ils perdaient leurs affaires.

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Apprendre à son enfant à ranger: une processus progressif.

Tout petits, nous rangeons et ils nous aident. Puis, progressivement, nous pouvons leur laisser la main : notre présence reste indispensable, pour qu’ils gardent une attention suffisante, mais c’est eux qui agissent, nous les rendons acteurs en les questionnant. Puis, selon les enfants, vers 8-10 ans, ils deviennent capables de ranger seuls avec des rappels de notre part réguliers. Enfin, ados, ils deviennent capables de se débrouiller, et surtout, ils n’ont pas envie qu’on touche à leurs affaires. Mais c’est parfois une autre histoire dans les espaces communs. Ils n’anticipent pas forcément bien, pas encore comme un adulte, alors les questions sont toujours bienvenues, et il faudra parfois réaffirmer son besoin d’ordre très clairement. A noter que si nous n’avons pas appris à nos enfants à ranger, il peut être nécessaire de ranger avec eux au début comme s’ils étaient plus petits : c’est un apprentissage comme un autre, il n’y a pas d’âge pour démarrer, et cela prend du temps.

Respecter l’intimité

Plus nos enfants grandissent, plus nous devons apprendre à respecter leur intimité et leurs secrets. Leur chambre, c’est leur espace, d’ailleurs ils vous le feront savoir quand ils en auront besoin. Nous pouvons les aider à en prendre soin, et aussi avoir un droit de regard car nous faisons le ménage, rangeons les habits, etc. Plus ils grandissent, plus ils peuvent s’en charger eux mêmes. Oui je sais, c’est tentant de le faire soi même… pour garder notre utilité de parent. Néanmoins, leur transférer ces tâches à l’adolescence leur permettra d’avoir un espace à eux, une vraie intimité. Vérifions que nous leur avons bien appris à ranger et prendre soin de leurs affaires (donc qu’ils ont bien cette compétence déjà acquise), et laissons les faire leurs propres expériences. Avec des ratés, c’est certain, mais si nous les soutenons sans moraliser et sans venir jouer les sauveurs, ils en apprendront des choses qui leur seront utiles pour leur vie d’adulte.

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Créer des règles ensemble

Pourquoi ne pas décider ensemble des règles pour le rangement ? Certaines familles instaurent des jours de rangement hebdomadaire (le samedi matin par exemple), pour d’autres, on range dès qu’on a fini d’utiliser quelquechose… il n’y a pas de règle fixe, à chaque famille de trouver ce qui lui convient le mieux. On peut organiser un temps de parole commun pour exprimer les besoins de chacun en la matière, et proposer des règles pour que chacun se sente respecté. Et noter et afficher dans une pièce commune au vu de tous ces règles qui devront être respectées par tous (oui ! vous aussi ! 🙂 ). Soyez à l’écoute de leurs récriminations autant que de leurs propositions, avec empathie. Ils en auront surement des choses à dire, parfois ils peuvent avoir de la colère. Écouter et identifier le besoin derrière permet de trouver des solutions efficaces et convenant à tous. Et il est important que les parents s’affirment dans ce processus: si il est non négociable pour vous que les vêtements de vos ados trainent au milieu du salon dès leur retour de l’école, réaffirmez-le, tout en écoutant leurs propres besoins. Activez des solutions gagnant- gagnant et votre créativité ensemble, pour respecter leur besoin de liberté et de repos, tout en respectant les vôtres : paniers ou patères dans l’entrée, temps de rangement avant le repas, etc. Chaque famille inventera ses solutions car à plusieurs nous sommes beaucoup plus forts et créatifs, et pourra réitérer le processus à chaque fois que quelqu’un en ressentira le besoin, car chacun change et les besoins évoluent.

Pour les parents de tout petits, créez des règles adaptées à vos besoins et aux besoins des enfants que vous identifiez, notamment d’attention et de proximité du parent: un tout petit a besoin de jouer à proximité de son parent. Il est illusoire de croire qu’il pourra jouer seul dans sa chambre. Et rappelez-leur régulièrement les règles en les faisant réfléchir : Que fait on quand on a fini de jouer ?  Ou se range cette poupée ? Où se range cette balle ? Il est normal de répéter, ça fait partie du processus d’apprentissage, et en la matière, apprendre à ranger prend beaucoup d’années.

Et vous, comment prenez-vous soin de votre besoin d’ordre vous-même ?

 

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J’ai peur que l’enseignante de mon fils ne soit pas bienveillante…

Lorsque l’on essaie de pratiquer l’éducation positive, il est parfois difficile de confier ses enfants à d’autres personnes qui n’ont pas la même philosophie d’éducation. En cette période de rentrée, il n’y a pas que les enfants qui ont des angoisses. Est-ce que ça ne va pas faire du mal à mon enfant s’il est puni ? Comment je peux convaincre la maitresse de faire autrement ?

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Biensûr, il serait plus facile pour tout le monde si nous avions les mêmes principes éducatifs tout autour de l’enfant. Mais ça n’est pas toujours possible, pour diverses raisons. Je fais partie des mamans qui n’ont jamais eu le choix de scolariser mes enfants dans une école alternative, bien que ça aurait été mon souhait premier, aussi j’ai longuement exploré les stratégies qui permettent que ça se passe bien quand même.

Explorer nos peurs … et notre vécu d’élève

De quoi avez vous le plus peur ?

Avant de lire la suite, répondez sincèrement à cette question. De quoi avez vous le plus peur pour votre enfant à l’école? Si vous le pouvez, écrivez ce qui vous fait peur sans réfléchir ni vous censurer.

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Avez-vous peur que l’école casse la joie de vivre de votre enfant ? Son gout pour la découverte ou l’apprentissage ? Sa confiance en lui ? Peut être l’année dernière votre enfant revenait il plein de stress car l’ambiance de la classe était délétère et stressante ? Est-ce plutôt la violence dans la cour qui vous embête ? La plupart des personnels de l’éducation aiment vraiment les enfants. Certains, pourtant, ne se rendent pas toujours compte de la portée de leur parole ou de certains actes, ou au contraire de leur inaction face aux enfants, c’est vrai.

Parfois, il y a vraiment besoin de protéger nos enfants en agissant auprès des personnels de l’éducation, et c’est notre rôle aussi. Dans de nombreux autres cas, pourtant, j’ai observé que le problème n’est pas toujours là, enfin le problème existe mais il n’est pas insurmontable pour les enfants. Dans de nombreux autres cas, c’est notre enfant intérieur, celui qui a longuement fréquenté l’école, et peut être pas toujours de façon agréable, qui s’exprime, surtout en début d’année ou avant la rentrée. Il est quand même coquin, cet enfant intérieur… il se cache bien, mais se montre dès que nos enfants vivent des situations similaires aux nôtres. Du coup, parfois quand notre enfant se fait réprimander, nous n’arrivons pas à être vraiment à l’écoute de ce que vit réellement notre enfant, de ce qu’il s’est passé réellement. Parce que notre enfant intérieur prend toute la place, et nous fait croire que notre enfant vit la même chose que nous avons vécu, et du coup nous partons en mode justicier rendre à l’école ce qu’elle nous a fait… et ça ne fonctionne jamais très bien. Du coup, avant la rentrée, c’est lui aussi qui peut se manifester.

Alors, comment vous sentez-vous face à l’institution scolaire, face à un enseignant ? Avez-vous gardé des blessures infligées par certains enseignants ? Comment était l’apprentissage pour vous ? La situation de groupe-classe ? Il est utile de se poser cette question quand nos enfants entrent à l’école, et de se la reposer régulièrement. Oui, maintenant 🙂

Avez-vous tendance à penser que votre enfant risque de vivre les mêmes choses que vous ?

Avoir confiance en mon enfant

Ce qui est le plus important pour votre enfant, c’est votre confiance en lui. Plus il sent que vous le sentez capable, plus il le sera. Votre enfant a des capacités d’adaptation inouïes, comme tous les enfants. S’il vit des choses difficiles, il sait que vous êtes là pour l’aider, et vous en parlera à sa façon d’une manière ou d’une autre. Faites lui confiance, il en a besoin. Il est encore petit, et il a besoin de votre confiance pour apprendre à se sentir grand. Il va faire des expériences, certaines très agréables, d’autres moins. Il en apprendra beaucoup, si vous êtes en confiance. Si vous êtes à son écoute, à l’écoute de son ressenti à lui, même différent du votre, il n’en gardera que ce qui le fera grandir. Ce qui compte pour les enfants, c’est que leur parent écoute leurs émotions et les aide à répondre à leurs besoins, y compris le besoin d’attention.

Si au contraire vous le jugez petit, vulnérable, s’il vous sent en proie à de la peur de le laisser seul face à un autre adulte, il aura plus de mal à s’adapter. C’est comme si vous lui  demandiez de confirmer votre peur… du coup il ne pourra pas être naturel dans son environnement scolaire. Si vous êtes en colère à l’égard de l’école, votre enfant n’aura pas d’autre choix que de vous rapporter ce qui ne va pas dans ses journées… pour ne pas être déloyal avec vous. Même si au fond ça se passerait plutôt bien. Vous pouvez être en désaccord avec l’enseignant sur certains points, ça arrive souvent, et être malgré tout serein : votre enfant a la chance de vivre des choses différentes à l’école et à la maison qui lui permettront de choisir, de connaître autre chose.

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Je ne dis pas qu’il ne faut pas changer l’école, loin de là. Il y a de nombreuses choses à améliorer, c’est certain. Néanmoins, en tant que parents, c’est un exercice difficile que de vouloir révolutionner l’école de son enfant. Il vaut mieux agir à une échelle plus large si vous sentez le besoin de faire bouger les choses, tout en soutenant votre enfant.

Établir une relation de qualité avec l’enseignant quelles que soient ses méthodes éducatives

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La priorité en début d’année est d’établir un bon contact avec l’enseignant de votre enfant. Parce que quand un problème aura éventuellement surgi, il sera trop tard pour le faire dans de bonnes conditions. Observez sa façon de travailler, ce qu’il met en place. Remarquez ce qu’il met en oeuvre pour faire progresser les enfants. Allez le voir dans le 1er trimestre pour lui poser des questions, explorer sa façon de travailler, échanger sur le vécu de votre enfant en vous plaçant dans une optique de co-éducation : vous êtes partenaires autour de votre enfant, avec des rôles différents. Vous connaissez de nombreuses choses de votre enfant depuis sa naissance. L’enseignant, lui l’a observé dans un autre contexte, dans un groupe-classe et en situation d’apprentissage formel, avec peu de rapport affectif. Échanger vous permettra de confronter vos observations et de mieux comprendre ensemble ce qui aide votre enfant.

Peut être l’enseignant sera t il sur ses gardes (et parfois cela se traduit par une attitude fermée)… eh oui, les enseignants ont souvent peur du jugement des parents aussi ! Essayez d’écouter son point de vue, de souligner ce que vous avez observé de positif, de le remercier pour ses efforts. Essayer de comprendre sa position : travailler avec une classe entière est loin d’être simple, c’est un défi quotidien et une énergie démentielle à dépenser tous les jours. Non, les enseignants ne sont pas parfaits et oui ils ont des choses à apprendre. La difficulté, c’est que leur besoin principal est en général le soutien, alors ils n’apprécient pas du tout que des parents viennent pour leur dire ce qui ne va pas dans leur façon de travailler. Plus vous montrerez votre soutien, et plus ils se sentiront en confiance et vous aurez des échanges de qualité avec eux. Et plus ça sera le cas, plus en cas de problème vous pourrez établir un solide partenariat pour le résoudre ensemble.

Nous sommes tous humains, nous avons tous à apprendre. Plus nous serons à l’écoute et dans le non-jugement, plus nous pourrons coopérer autour de nos enfants, ne l’oublions pas.

Belle rentrée à tous les parents !

 

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8 astuces pour faciliter la rentrée

Encore à moitié à vacances, l’esprit encore au soleil, voici la rentrée qui arrive à grands pas. Source de joie pour les uns, d’angoisse pour les autres, elle ne passe jamais inaperçue auprès des enfants.

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Vais-je être avec ma copine ? Est-ce que je vais réussir  mon année pour mon orientation ? Ma maîtresse sera-t-elle gentille? Comment sera ma nouvelle école ? C’est comment le collège, il parait que les 6e se font embêter? Comment redémarrer efficacement ? Comment faire si mon enfant n’est pas « propre » quelques jours avant la rentrée ? Petit florilège d’astuces pour les parents d’enfants scolarisés…

  • Accompagner la transition : la rentrée, c’est une transition. Vous le savez peut être, les enfants sont sensibles aux transitions, qu’ils vivent comme des petits deuils et l’accueil de la nouveauté, forcément génératrice d’un peu de peur et de stimulation. En fin d’été, pour faciliter la transition, on peut regarder les vacancesphotos de vacances, se dire ce qu’on a préféré des vacances, ce qu’on a aimé en famille. Pourquoi ne pas imprimer ses photos préférées, que l’enfant rangera dans une boite à souvenirs ? Cela permet de se focaliser sur du positif et de symboliser le fait de passer à autre chose. On peut aussi dire comment on se sent que cela se termine, dire au revoir aux vacances d’été et à l’année prochaine. Une fois cela fait, nous sommes disponibles pour accueillir la nouvelle période. Comment se passeront les mois de septembre, octobre, … ? open-notebook-autumn-leaves-yellow-page-around-white-background-flat-lay-top-view-77258982Nous pouvons aider notre enfant avec un grand calendrier, lui montrer l’été derrière nous et l’automne qui arrive, avec l’école mais aussi, le soleil qui diminue, les fruits d’automne, les feuilles qui tombent avec la température, la pluie et les bottes, … Pour les plus grands, il s’agira peut être de les aider à organiser leur agenda, placer leurs activités régulières, leurs moments avec leurs copains, les moments forts à venir, sur le calendrier…
  • Aider son enfant à visualiser ce qui l’attend : pourquoi ne pas dessiner avec elle le déroulement d’une journée avec eux pour qu’elle sache à quoi s’attendre, notamment pour les plus petits, ou ceux qui changent d’école.

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    Plus on décrit en détail, plus l’enfant peut se l’approprier. On peut aller voir l’école avec eux pour les remettre dans le bain ou leur faire découvrir ce qui les attend. Plus on visualise ce qui nous attend, plus c’est simple, et plus les peurs s’en vont. N’hésitez pas à décrire à la fois les lieux, les personnes, comment sera l’emploi du temps, ce qu’il fera concrètement la journée, comment vous vous retrouverez le soir.

  • Accueillir les émotions, ne pas chercher à rassurer. Dire « ça va bien se passer, ne t’inquiète pas« , ou « tu auras plein de copains, tu verras c’est super l’école« , par exemple, n’a jamais annulé les peurs de façon magique. Cela conduit juste l’enfant à ne pas faire confiance en son ressenti à lui. Il a peut être un peu peur ou beaucoup (pour les enfants entrant à l’école ou au CP) et c’est tout à fait normal. Ne sommes-nous pas dans le même état lorsque nous commençons un nouveau travail, ou changeons d’équipe ? Alors nous pouvons simplement dire : « oui, ça fait peur quand on change d’année / d’école, on a de nouveaux camarades en classe, une nouvelle maitresse« , « c’est difficile quand on va vers de l’inconnu« , « tu te sens à la fois stressé et excité à l’idée de retrouver ta classe » et juste écouter ce que notre enfant a à nous dire à ce sujet. « Et toi, comment ça te fait de rentrer en CP ? » Nous pouvons aussi raconter ou inventer des histoires qui parlent de la rentrée des classes, notamment celles qui mettent des mots sur les émotions que ressentent nos enfants. Les ados ne diront peut être rien, mais se montreront 450px-Einschulung_Schulranzenpeut être plus stressés ou émotifs que d’habitude. Nous pouvons partager comment nous nous sentions quand nous rentrions en 6e ou en 2nde, par exemple, pour engager la conversation. Verbaliser ses émotions permet de les mettre à distance et de leur donner moins de pouvoir, pensez-y ! Et biensur, on peut écouter la joie, le plaisir, dans ce cas les partager les rend meilleures ! Nos enfants ressentent souvent de la joie ET de la peur à cette période.
  • Créer des petits rituels de rentrée : acheter du nouveau matériel, préparer son cartable, avoir une jolie tenue pour la rentrée, prendre des photos le jour de la rentrée, être accompagné de ses deux parents à l’école … ces petits rituels aident à s’approprier le changement, et rythment nos vies.  Les enfants adorent les rituels : ils font partie à part entière des préparatifs. Comment pouvez-vous rendre ce moment agréable pour tout le monde ? crayonsEt vous, y prenez vous plaisir, ou avez-vous tendance à râler contre la terre entière qui s’est donné rendez-vous au supermarché pour les achats de rentrée ? Qu’est-ce qui vous mettrait en joie pour en faire un petit rituel ? Pour ma part, j’ai découvert qu’en allant dans la librairie de mon quartier, plutôt que dans un supermarché, je pouvais aussi trouver du matériel bien plus joli pour mon bureau, aussi c’est devenu un grand plaisir de chercher la pochette ou l’agenda qui réenchantera mes dossiers  pour l’année à venir … nous pouvons chercher ce qui nous rendrait ces rituels agréables, et encourager nos enfants à faire de même.
  • Bien prendre soin des besoins physiologiques : Pour être en forme et disponible pour apprendre, il est temps de reprendre les bonnes habitudes si elles se sont effacées pendant la pause estivale : bien dormir, manger sainement, écouter son corps pour en prendre soin, bouger régulièrement … Vintage Schoolhouse Printables PhotoObservez le rythme de votre enfant : à quelle heure s’endort il le mieux pour être en forme au moment du lever ? Comment recaler le rythme de votre enfant progressivement ? Comment organiser les soirées pour réhabituer les enfants à se coucher de bonne heure ? Chaque personne est différente, aussi, l’observation est primordiale ! Les autres besoins ne doivent pas être en reste non plus : contact, affection, temps de jeu libre, temps d’attention exclusive… afin de remplir le réservoir affectif de nos enfants, qui leur permet de développer des relations saines avec eux-mêmes et autrui, ainsi que leur capacité à apprendre.
  • Faire confiance à son enfant: il va peut être vivre des émotions, mais il les traversera si vous êtes serein vous même et pouvez accueillir ses peurs ou sa tristesse. Il a les ressources en lui pour traverser ce cap. Plus vous avez confiance, plus vous lui permettez de l’être, et de trouver son autonomie pour franchir ce genre d’étapes. C’est notamment nécessaire si votre enfant entre en petite section et n’est pas suffisamment continent (je préfère ce terme moins connoté à celui de « propre » qui sous entend que l’enfant serait « sale » auparavant) : faites lui confiance, il va s’adapter, et les enseignants et Atsems savent gérer ce genre d’accidents sans jugement ni critique. Montrez-lui comment faire, expliquez lui comment ça va se passer, lisez lui des histoires sur le sujet, et soyez confiant. child-431439_960_720Une amie à moi, pour se sentir mieux elle même, a tout simplement engagé une étudiante pour les premiers temps pour que son fils soit à la maison le midi et l’après midi pour la sieste, ce qui lui permettrait de porter une couche à l’école le matin si jamais son enfant n’arrivait pas à se retenir les premiers jours sans couche. Cela lui a permis d’être en confiance, et au final tout s’est bien passé, son enfant s’est très bien adapté en quelques jours après quelques petits accidents, il est devenu continent.

 

  • faire la liste de ce qu’on aime à l’école, de ce qui est agréable. Qu’est-ce qui sera bien après la rentrée ? Je vous encourage à questionner vos enfants. love schoolEt à partager ce que vous aimez vous à la rentrée, ou ce que vous aimiez quand vous étiez enfant : retrouver ses amis ou s’en faire de nouveaux, apprendre de nouvelles choses, commencer une nouvelle activité, avoir plein d’énergie pour reprendre sur de nouvelles bases, la nouveauté … et vous, qu’aimez-vous à la rentrée ?
  • Faire le point sur les habitudes familiales qu’on souhaite modifier. Quand on revient de vacances, la créativité est souvent bien meilleure, et si vivre à 100% avec nos enfants peut être épuisant, nous pouvons reprendre de bonnes habitudes au mois de septembre. level-10-bullet-journalA commencer par prendre soin de ses besoins de parent : qu’est-ce qui remplit mon réservoir affectif au quotidien ? De quoi ai-je besoin pour me sentir bien ? Comment puis je organiser mon agenda pour avoir des activités et moments qui me donnent de l’énergie, me permettent de me ressourcer? Si vous avez besoin d’aide, les ateliers Vivre et Grandir Ensemble recommencent en septembre. C’est ici pour les informations pratiques et dates.

Bonne rentrée ! 🙂

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Disputes entre frères et sœurs, comment les résoudre ? – épisode 2

Préambule : l’écoute des émotions

Il y a quelques temps, nous avons commencé à nous intéresser aux conflits entre enfants, et nous avions vu un premier outil pour apaiser les tensions et apprendre aux enfants à gérer les conflits : https://parentalitepositive.wordpress.com/2017/05/05/disputes-entre-freres-et-soeurs-comment-les-resoudre-episode-1/

Si vous avez suivi, vous savez que l’écoute est la première chose à mettre en place pour aider les enfants à gérer leurs émotions, afin de pouvoir régler leurs différends. C’est la première chose à vérifier lorsque vous intervenez sur un conflit : mes enfants sont ils aux prises avec des émotions qui perturbent leur analyse de la situation et leur réflexion ? Si oui, pas d’hésitation : un conflit ne se règle pas dans ces conditions, il faut d’abord utiliser notre trousse de secours d’urgence : l’empathie. J’ai expliqué pourquoi la dernière fois, ici nous allons explorer un autre exemple qui montre que les enfants ressentent souvent des émotions liées à leur interprétation des faits.

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Comment un enfant interprète- t-il le comportement d’autrui ?

Cela nous semble évident et pourtant les enfants mettent de longues années à l’intégrer : ce qu’il y a dans la tête des autres est très différent de ce qu’il y a dans la notre. C’est tout l’enjeu de la période 4-8 ans : apprendre que les autres ont des besoins et des pensées autres. Avant cela, les enfants imaginent que ce qu’il y a dans leur tête est évident pour autrui, et interprètent les actions des autres uniquement en fonction d’eux mêmes. Même plus âgés, cela demande des compétences complexes pour apprendre que les enfants ont des pensées et interprétations différentes.

Nous en avions déjà parlé dans le précédent article, il croient souvent que les autres enfants ont des comportements exprès pour les embêter. Ce qui n’est pas le cas la plupart du temps, les autres enfants cherchent juste à satisfaire leurs besoins à eux, parfois de la mauvaise façon. Comme vous le savez peut être, 90% de nos émotions sont générées par nos croyances et nos interprétations erronées des situations. D’ailleurs, nous tombons nous aussi souvent dans ce piège : nous disons : « ils m’ont fait une crise / un caprice » . Pourtant, ils ne l’ont pas fait contre moi ! Mais nos mots créent notre réalité: si je suis convaincue qu’ils ME l’ont FAIT, alors je vais être en colère parce que je me sens agressée puisque c’est contre moi, et je pars du principe qu’ils le FONT exprès. Si j’ai conscience qu’ils ont VÉCU une crise, sans l’avoir forcément choisi, juste parce que c’est comme ça qu’ils gèrent leurs émotions pour le moment, je me sens plus calme intérieurement pour me placer en posture d’adulte qui accompagne et enseigne. Nos enfants sont donc particulièrement victimes de ce phénomène de croyances et interprétations erronées. Dernièrement, nos deux grands se plaignaient sans cesse que le petit pleurait comme un bébé tout le temps, en se moquant évidemment. J’ai fini par comprendre une chose : ils avaient tous les deux la croyance que s’il pleurait, c’est qu’ils avaient fait quelquechose de mal et donc que c’était toujours eux les responsables. Empêcher le petit frère de pleurer était donc la façon la plus simple de ne pas se sentir coupable !

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Reformuler et décrire la situation pour sortir des interprétations

Pour sortir de ces croyances, les enfants ont besoin qu’on reformule avec eux ce qu’il se passe, sans évaluer ni juger. Le plus simple, c’est d’observer objectivement ce qu’il s’est passé, décrire : toi tu as fait ça, et lui il a fait ça. Et laisser chaque enfant s’exprimer sur le sujet. A certains moments, nous décrirons leurs émotions, et d’autres juste ce qu’il s’est passé.

Petit à petit, les enfants sortent de leurs croyances, tout en se sentant entendu et commencent à entendre ce qu’il se passe pour l’autre. Nous pouvons juste adopter cette attitude de « cerveau extérieur » qui les aide à formuler ce qu’ils ont à dire d’une façon qui n’agresse pas l’autre, où on parle de soi et on évite le « tu » ou « il » qui accuse. En effet, je peux entendre les besoins et sentiments d’autrui à condition que celui-ci les exprime sans que je me sente agressé ou accusé.

Maintenant que c’est fait, sont ils en état d’écouter les besoins de l’autre? Si oui, vous pouvez passez à l’étape suivante.

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La question magique du besoin

Derrière tout comportement, il y a un besoin. A quel besoin chaque enfant cherche-t-il à répondre ? A-t-il besoin d’appartenance, quand il vient dans le jeu des grands ? Il aimerait ainsi faire partie du groupe, se sentir inclus. A-t-il besoin de calme et de concentration quand il joue à construire des vaisseaux en légo ? A-t-elle besoin d’attention en venant la chercher auprès de son frère  ? A-t-telle besoin d’explorer en touchant aux bijoux de sa soeur? A t elle besoin de bouger, ce qui perturbe son frère qui veut du calme ?  Nos besoins sont universels. Les solutions pour y répondre sont par contre, très variées. Nommer nos besoins, c’est pouvoir être compris des autres et sortir du piège de la solution unique. En exprimant les besoins, aussi, chaque enfant reprend du pouvoir sur sa vie et pour satisfaire ses besoins. Un besoin d’attention peut être comblé par une autre personne, ou à un autre moment. Un besoin de calme peut être satisfait en changeant de lieu. Un besoin d’exploration peut être comblé en donnant d’autres objets brillants et colorés qui nous appartiennent. Il y a mille solutions à un même problème, et chaque famille aura la sienne.

Une fois que l’on a aidé les enfants à comprendre mutuellement leurs besoins, l’outil phare c’est … de les laisser  trouver une solution ensemble, si le conflit ne nous concerne pas, c’est à dire si ce n’est pas nous qui avons besoin de trouver une solution. A qui appartient le problème ?

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Sortir du conflit et leur exprimer notre confiance : prendre un posture de médiateur et non de sauveur

On peut ainsi par exemple leur exprimer qu’on leur fait confiance pour trouver une solution et quitter la pièce, s’ils sont en sécurité et plus sous émotion. Ou rester mais juste en observateur / en aide pour formuler des besoins / des solutions. Pas simple, n’est-ce pas  ? Et pourtant, en intervenant toujours pour proposer une solution, voire l’imposer, je leur envoie le message implicite : vous n’êtes pas capables de trouver une solution vous mêmes. Alors, pourquoi s’embêteraient ils à résoudre leur conflits, puisque qu’ils n’en sont pas capable à mes yeux ? Ou peut être l’ainé s’applique-t-il à reproduire le modèle qu’il a sous les yeux : imposer sa solution avec autoritarisme, ce qui ne résoud pas durablement les conflits. Il ne s’agit pas de dire aux enfants : débrouillez vous avec vos disputes. Il s’agit vraiment de les aider à s’apaiser et revoir la situation avec plus de recul, puis de leur permettre de régler leur conflit eux mêmes, entre eux. Cela leur apprend progressivement à être autonomes dans les conflits de leur vie. On peut leur dire : comment allez-vous faire maintenant / à l’avenir, pour que cela se passe mieux? Avez-vous des idées ? C’est tout à fait possible quand les enfants ont tous plus de 4-5 ans. Vous verrez, ils seront sans doute très créatifs et auront plein d’idées. Pour les plus petits, nous devrons trouver une solution avec eux, souvent, même s’ils peuvent aussi en proposer. L’idée principale, c’est qu’un enfant actif dans la recherche de solutions a bien plus de chances d’appliquer de lui même cette solution.

Savoir régler un conflit s’apprend… et demande pas mal d’expérience, d’échecs, d’essais… cela prend beaucoup de temps. Presque le temps d’une enfance. Ou d’une vie ? 🙂 . C’est dur de ne pas intervenir dans leur recherche de solutions, souvent, car nous les voyons aller droit dans le mur par des propositions qui nous semblent inadaptées. Nous avons une grande expérience et avons envie de leur en faire profiter. Pourtant, c’est un processus : rechercher ensemble, par essais erreurs. On apprend essentiellement en se trompant ! Et ce n’est pas grave… une fois qu’on a discuté, on se sent mieux, on est actif dans la recherche de solutions, on n’est plus une victime paralysée par ce qui lui arrive. Et si la solution ne marche pas, il suffit de rediscuter pour trouver autre chose. C’est un processus.

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Quand intervenir ?

Vous vous dites peut être : mais alors, on n’intervient jamais dans les disputes?

Et si, il est important de protéger avant de les laisser discuter de leurs désaccords. En particulier si il y a eu des coups, il n’est pas souhaitable que les enfants restent en présence l’un de l’autre, pour le moment. Ils sont dépassés par les émotions et ne sont pas en situation de discuter. L’enfant qui a été frappé peut sentir son intégrité menacée et avoir besoin de temps pour retrouver de la sécurité, il a besoin d’écoute et d’être contenu physiquement et avec douceur, sans la présence de celui qui l’a agressé. Celui qui a tapé a besoin qu’on lui signifie que la violence n’est jamais acceptable, et qu’on lui montre comment exprimer sa colère autrement, peut être aura-t-il besoin de pleurer et de décharger des émotions aussi. En tout état de cause, il est donc souvent nécessaire de séparer les enfants – parfois de force mais toujours avec bienveillance – ils ne le font pas exprès, ils sont débordés par leurs émotions – et d’être présent auprès de chacun d’eux  pour dégonfler leur ballon émotionnel, avant de rediscuter du conflit ensemble quand ils seront plus calmes. Cela leur enseigne aussi à sortir d’un conflit quand on n’est pas en état de le gérer ou que l’autre ne l’est pas, pour se protéger soi et protéger les autres, ce qui est une compétence nécessaire dans la vie d’adulte. Si tous les conjoints violents avaient cette capacité à sortir de la maison quand ils se sentent dépassés, le temps de redescendre, il n’y aurait sans doute plus de violence conjugale.

Dans ce cas, ou dans les cas où les émotions sont trop fortes pour discuter, il est très utile de remettre la discussion à plus tard, quand tout le monde sera plus calme et capable de prendre du recul et d’écouter les autres.

Parfois, les enfants se disputent parce qu’ils sont jaloux de ce qu’a eu un autre enfant, que ce soit du temps, de l’attention, un jouet, un compliment…. Comment les aider à mieux le vivre? Faut il leur donner toujours la même chose ? Comment être parent de fratrie sans se couper en deux, trois, quatre, cinq…? Nous en parlerons dans le prochain article.

A bientôt !

PS : c’est valable pour nous aussi : on essaie, on se trompe, on recommence, on expérimente, on apprend de nos erreurs de parents. L’erreur est une grande source de créativité et d’apprentissage, pour peu qu’on ne se juge pas et qu’on analyse ce qu’il s’est passé avec bienveillance, y compris envers nous même. 😉

 

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Jeux Vidéos – La passion qui pose question – Émission Radio

J’ai eu le plaisir d’être invitée par une équipe de lycéens pour participer à cette émission radio et d’échanger avec des lycées autour du jeu vidéo. J’ai trouvé ça passionnant d’avoir leur avis. Qu’en pensent les jeunes, de leur jeux, de leur consommation d’écrans? Pourquoi jouent ils ? Comment les parents peuvent ils se positionner par rapport à ces outils multimédia ?

Une émission préparée, enregistrée et montée par des lycéens : et si écouter leur avis sur la question nous aidait à mieux gérer l’épineuse question des jeux vidéos ?

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Une émission radio à écouter !
Jeux Vidéo – la passion qui pose question…
Diffusée Mercredi 7 juin à 14h30 sur Radio Grésivaudan (89fm ou 87.8fm, en Isère)

Retrouvez dès aujourd’hui l’enregistrement de l’émission ici : http://www.radio-gresivaudan.org/Jeux-Video-la-passion-qui-…

Dans le cadre de l’éducation aux médias, les lycéens s’intéressent aux jeux vidéo : leurs univers créatifs, les liens qu’ils tissent entre joueurs et ceux qu’ils peuvent créer avec les parents. Une émission préparée au Centre de Documentation et d’Information du lycée.

Avec le lycée Marie Reynoard à Villard-Bonnot (38)

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Disputes entre frères et sœurs, comment les résoudre ? – épisode 1

Les conflits entre enfants, c’est usant. Une fois, ça va, deux fois…  et si on voyait les conflits différemment ? Comment accompagner les enfants vers la résolution de leurs conflits ?

J’ai la chance depuis peu d’accompagner une fratrie dans tout ce qu’elle a de complexe et d’instructif… a fortiori en famille recomposée ! La chance, soulignerez vous ? Eh bien oui : plus le défi est de taille, plus on en apprend ! Même si parfois c’est fatigant, c’est vrai. Alors j’en profite pour faire le point sur les outils dont nous disposons pour accompagner les enfants dans leurs inévitables conflits au quotidien. Nous en avons longuement parlé la semaine dernière à la conférence sur les conflits dans la famille, c’est l’occasion de faire le point.

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Pourquoi les enfants se disputent ils si facilement ?

  • ils ne savent pas encore accueillir leurs émotions, et donc prendre du recul sur ce qu’ils vivent (oui, même votre ado de 12 ans a encore du mal et c’est normal).
  • ils sont souvent en compétition pour obtenir de l’attention avec leurs parents, qui est un besoin primordial. A fortiori quand le temps familial est réduit comme peau de chagrin par le temps scolaire et de travail.
  • il se sentent suffisamment en sécurité à la maison pour exprimer leur ressenti, leurs tensions, parfois vécues à l’école ou dans la journée.
  • ils sont en train d’apprendre à gérer les conflits… et comme tout apprentissage, ils expérimentent longuement avant d’être compétents.

Comment pouvons nous les aider  pour retrouver du calme à la maison, pour les aider à gérer leurs conflits plus efficacement ?

L’écoute et l’empathie

Les enfants sont envahis par leurs émotions lorsqu’elles surviennent, a fortiori quand ils sont tout petits. Ils sont incapable de prendre du recul, de rationaliser. Quand je dis incapables, ce n’est pas une questions de manque de volonté, c’est juste que pour le moment, ils n’ont pas encore les circuits neuronaux adaptés. Le cerveau émotionnel, qui provoque les réactions émotionnelles (pleurs, colère…) en cas de danger, d’agression, de surprise, de frustration, est mature à la naissance pour protéger l’enfant. C’est une partie notre cerveau qui est ancienne dans l’évolution, et qui assure notre survie et permet de réagir rapidement en cas de danger ou d’agression. La partie du cerveau qui permet de prendre du recul, de réfléchir, d’analyser, mais aussi de tempérer nos réactions émotionnelles en fonction du contexte, appelée le néo-cortex, se développe très progressivement finit sa maturation à plus de 20 ans. Plus exactement, les neurones sont présents à la naissance mais ne possèdent pas encore de connexions entre eux, et ces connexions se feront en fonction de l’expérience de vie de l’enfant. Cette caractéristique nous permet à nous, humains, d’avoir une grande adaptabilité à notre environnement et d’inventer des solutions nouvelles, d’avoir une grande plasticité dans nos comportements, ce qui a fait notre succès en tant qu’espèce.

Dans cette partie du cerveau, la partie qui gère les émotions s’appelle le Cortex Orbito-Frontal, car elle est située à l’avant du cerveau, sous le front. Cette partie là commence vraiment sa maturation vers 6 ans, c’est la dernière partie qui se développe. Les enfants commencent donc à pouvoir tempérer les réactions émotionnelles vers 5-6 ans seulement. Eh oui, ce n’est pas pour rien que la sagesse populaire l’a appelé « âge de raison ». Et sa maturation se termine … après 20 ans. En dessous de 6 ans, mais encore après bien souvent, ils sont envahis par leurs émotions quand quelquechose de désagréable se produit. Il leur faut du temps pour retrouver un état d’équilibre, et la capacité à réfléchir et négocier avec quelqu’un d’autre. Un enfant sous émotion n’est pas capable d’empathie avec un autre.

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Que se passe-t-il quand une dispute survient avec un autre enfant ? Bien souvent, les deux sont envahis par leurs émotions et sont alors incapables d’entendre l’autre et de négocier une solution ou un compromis. Quand le frère ou la soeur vient démonter la pile de kaplas ou détruire involontairement les constructions de légos, ils ne sont pas encore capables de comprendre que ce n’est pas intentionnel, sur le moment. Ils sont envahis par la colère, et leur colère, physiologiquement, les pousse à agresser l’autre. Avant tout, ils ont besoin d’aide de la part des adultes pour évacuer la tension qui est provoquée par les émotions, pour « décharger », et pour s’apaiser.

Comment faire pour les aider ?

Toute notre empathie est requise pour les aider à mettre des mots sur leur ressenti, pour se sentir compris, et pour redescendre en tension. C’est l’empathie qui permet à l’enfant de se sentir en sécurité, de décharger son émotion, et de retrouver son équilibre. Il a besoin que son vécu intérieur soit accepté et compris. Il est en colère, mais il ne comprend pas ce qu’il se passe en lui. En mettant des mots sur la situation et les émotions, l’adulte agit comme un Cortex Orbito-Frontal externe, qui permet d’apaiser et de trouver une solution. L’empathie favorise aussi le développement du Cortex-Orbito-Frontal de l’enfant, la partie qui tempère les émotions. C’est donc un investissement à long terme.

Le contact peut aussi les apaiser, parfois cela leur permet de pleurer plus facilement en étant dans les bras. Décharger une émotion passe souvent par des manifestations telles que les pleurs, le fait de bouger, de crier, les tremblements (peur…), qui sont la façon naturelle pour le corps de guérir d’une émotion. Il est donc nécessaire d’accepter que les enfants pleurent, par exemple, et ce autant qu’ils en ont besoin. C’est un mécanisme de réparation. Oui je sais, ce n’est pas facile, cela nous exaspère, souvent, cela nous stresse. Eh oui. Mais il est important de voir cela comme quelquechose qui aide notre enfant à réparer la souffrance qu’il a ressentie.

A ce moment là seulement, une fois qu’ils ont été écoutés, et leurs émotions accueillies, les enfants redeviennent capables de raisonner, de réfléchir. Biensûr, il est hors de question de les laisser faire mal à l’autre, par exemple, c’est évident qu’en cas de geste dangereux, il faut intervenir fermement et avec bienveillance pour arrêter les gestes. Simplement, en écoutant ce qu’il se passe pour eux, on leur apprend à décoder les émotions, et à réagir différemment. Un enfant qui sait nommer sa colère pourra la dire à son frère ou sa soeur, et ainsi exprimer son refus plus facilement et sans violence.

Le premier outil pour les parents de fratrie est donc l’écoute et l’empathie : en les aidant à dégonfler leur ballon émotionnel, nous leur permettons de trouver leurs propres solutions à leurs conflits car ils sont à nouveau capables de réflexion, mais aussi d’empathie avec l’autre.

Écouter plusieurs enfants à la fois

Écouter deux enfants sous émotion n’est pas toujours facile, parfois cela demande d’être ingénieux, et au début ils doivent apprendre qu’ils auront leur tour. Souvent, cela demande de séparer les enfants et d’écouter chacun séparément, avant de pouvoir mettre des mots sur le conflit ensemble. Souvent, cela demande d’apprendre d’abord à le faire avec un seul enfant. Il y a aussi des conflits où un seul enfant en a besoin, par exemple si un enfant vient se plaindre de son frère ou de sa soeur. Nous pouvons alors juste écouter son ressenti, ce qu’il se passe pour elle ou lui, mettre des mots sur ce qui est difficile.

Et que faire des mots durs envers l’autre enfant, des « c’est lui qui… »?

Cela demande aussi souvent d’apprendre à traduire les mots durs envers l’autre, en mots qui décrivent ses émotions : « tu es en colère, tu en as marre… ». Tu es en colère car tu as besoin qu’on respecte ton travail ». Car tout jugement et toute critique traduisent toujours une émotion et un besoin qui cherche à être satisfait, ne l’oublions pas. Interdire simplement la critique ne résoudra pas le problème de fond, nos enfants ont besoin d’apprendre à repérer leur vécu intérieur et à exprimer ce qu’ils ressentent pour formuler une demande. En reformulant ce qu’ils ressentent, en nous focalisant sur leur vécu intérieur et non sur les mots employés, nous leur apprenons à exprimer les choses autrement, à mettre les mots juste et ceux qui seront le plus efficaces, en parlant d’eux mêmes.

« C’est lui qui m’a fait mal« . « C’est elle qui a commencé à me prendre mon jouet« . « C’est pas moi, c’est lui« . Parfois leurs mots nous tendent des pièges, celui d’arbitrer. Pourtant, derrière les paroles, nous pouvons décoder à nouveau le ressenti, en se centrant sur l’enfant qui s’exprime et sans impliquer l’autre. « Tu as eu mal et tu es en colère« . « Tu trouves ça injuste, tu jouais tranquillement« . En effet, les enfants sous émotion font souvent une mauvaise interprétation des intentions d’autrui et restent bloqués dessus. En se centrant seulement sur eux, seulement, on évite cet écueil. En écoutant, avec de l’empathie, nous en apprenons souvent bien plus et nous allons au vrai problème. L’empathie, ce n’est pas confirmer que l’autre enfant est un méchant, c’est simplement confirmer que oui, ce n’est pas du tout agréable d’être poussé ou privé subitement de son jouet. L’un se sent entendu et comprend ce qu’il se passe en lui, et l’autre entend ce que cela fait à sa sœur ou son frère. Puis en mettant des mots sur ce que vit l’autre : « tu avais envie de ce jouet qui semble très intéressant dans les mains de ta sœur« . A petite doses d’écoute de chaque coté, chacun sort de l’émotionnel, et entend que l’autre vit des choses dans cette situation, aussi. Petit à petit, on développe sa capacité à identifier ses émotions et celles de l’autre, et à comprendre la source des conflits. C’est la base de l’intelligence émotionnelle et relationnelle.

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Est-ce que cela suffit ? Parfois, oui, les enfants se sentent entendus et passent directement à autre chose (et dans ce cas on se sent comme un magicien qui vient de réussir un miracle, youhou…!). Parfois, cela ne suffit pas en chaque enfant a besoin de faire une demande à l’autre, ou ils ont besoin de trouver une solution pour éviter que ça se reproduise. Comment les aider ensuite à trouver leurs propres solutions et leur apprendre à régler leurs conflits ? Nous reviendrons sur d’autres outils pour apaiser les conflits dans les épisodes 2, 3 et 4.

A tout bientôt ! 🙂

ps : ces outils sont… des outils. Aucun parent n’est toujours à l’écoute (nous ne sommes pas toujours disponibles) ou parvient toujours à régler les conflits de façon satisfaisante. C’est un outil possible pour aborder les conflits différemment. VOUS êtes les experts de vos enfants !

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Résoudre les conflits efficacement

Sous-estimons-nous la capacité des enfants à prendre en compte les désirs de leur entourage ?

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Ce matin, mon fils, 7 ans, se réveille en pleine forme et de bonne humeur. C’est samedi, toute une journée pour faire plein  de choses, librement!  Le voilà parti pour jouer, construire des choses, inventer des histoires.

Il y a un petit « mais« : nous avons prévu une sortie cet après midi, avec d’autres enfants et adultes, et un repas avec des amis le soir en dehors de la maison, avec nuit sur place. Aussi, je commence à lui en parler dès le déjeuner.

Et là… patatras ! Mon enthousiasme est très vite douché: « non, je ne veux pas y aller, moi je veux rester jouer ici!« . « C’est toujours toi qui décide,  j’en ai marre!« . Rien à faire… il ne veut rien entendre. Même à mes explications qu’il a le temps de jouer et que nous partirons un peu plus tard. « Je n’irai pas ! ». Il est très en colère, et il me le fait savoir. Je suis très tentée de lui dire : « C’est comme ça et puis c’est tout ! », non mais ! Intérieurement, je me dis qu’il est incapable de tenir compte de moi, que du coup c’est à moi de décider du programme ! Fort heureusement,  c’est le week end, je suis détendue et j’ai un peu de temps devant moi. Il est donc possible de prendre un peu de recul en déjeunant, et de réfléchir à ce qui bloque.

C’est vrai, pourquoi est ce qu’il refuse autant? À première vue, il subit déjà beaucoup de contraintes lors du temps scolaire, il a peu de temps pour faire ce qu’il veut avec les devoirs, le samedi est son premier jour de liberté. C’est aussi le jour où il revient chez moi pour la semaine. Bon. Je comprends bien qu’il soit important pour lui de rester et d’investir son petit nid, de prendre le temps, à son rythme.

D’un autre côté, je lui accorde souvent ce temps à la maison, mais aujourd’hui j’ai envie de voir les personnes qui me sont chères et de passer une bonne soirée. Je réalise que je n’ai pas très envie de passer ce temps à la maison pour cette raison que je tiens beaucoup à mes proches, que j’aime passer du temps avec eux et prendre soin de nos relations.

Mais, au détriment de celle avec mon fils ?

Je me sens un peu coincée, là. II y a conflit apparent entre ses besoins et les miens.

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Comment sortir de cette impasse?  Soit je tranche en ma faveur, soit en la sienne, dans les deux cas l’un de nous sera perdant… et notre relation le sera également car l’un des deux aura du ressentiment envers l’autre. Si je décide de sortir,  il m’en voudra,  la sortie risque de mal se passer, et surtout, plus gênant,  je lui envoie le message : je ne te fais pas confiance pour trouver une solution ensemble qui nous convienne à nous deux. Je le sais parfaitement, c’est une solution que j’adopte souvent dans la course au quotidien, qui ne fonctionne pas très bien, et qui a tendance à faire empirer les choses à long terme (d’ailleurs, il me l’a dit!). Bref, là, j’aimerais mettre autre chose en œuvre.

Je choisis donc un autre outil : la résolution de conflits.

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La résolution de conflits consiste à poser le conflit sur la table et s’écouter l’un l’autre, puis chercher des solutions créatives ensemble. Elle se fait en général en 5 étapes qui sont toutes nécessaires.

1. Décrire le conflit et prendre le temps de discuter au calme
Une fois qu’il s’est calmé, je lui propose donc de s’asseoir avec moi et je lui décris le problème. Je lui dis que j’aimerais que nous en discutions pour trouver une solution qui convienne à chacun de nous.

Parfois, mon fils ne veut pas (ce n’était pas le cas cette fois), dans ce cas soit l’on peut reporter, si ce n’est pas urgent, par exemple si les enfants sont en plein jeu. Soit il est nécessaire d’affirmer son besoin de trouver une solution : « Pour moi c’est très important que nous trouvions ensemble cette solution, car cette situation me met en colère et ne me convient pas du tout ». Il m’est aussi arrivé de dire face à un refus répété que s’il ne souhaitait pas en discuter, que je serais contrainte de prendre des décisions toute seule pour résoudre ce problème. Avec l’habitude cependant, les objections diminuent car les enfants voient l’intérêt du processus.

2. Écouter les sentiments de l’enfant.
Je commence par lui dire que je vois qu’il a beaucoup de plaisir à jouer librement,  sans être pressé par le temps. En faisant cela, j’essaie de me connecter à son plaisir d’être juste là au moment présent,  dans son jeu, dans son univers. C’est vrai que c’est vraiment agréable d’être pris dans une activité qu’on aime, sans interruption. Je conclus en lui disant que du coup, il n’a pas du tout envie de sortir ni de voir du monde, ce à quoi il acquiesce. Je continue à lui parler de ce qu’il vit et de son besoin d’être tranquillement chez lui sans être dérangé. L’ idée ici, c’est que l’enfant se sente vraiment compris dans ses besoins et ses sentiments.

Attention cette étape est indispensable – c’est même une des clés essentielles – et la pratique de l’écoute active des émotions et de l’empathie est nécessaire, faute de quoi les solutions proposées risquent de ne pas fonctionner.

3. Parler de ses sentiments et besoins à soi.
Là il s’agit de faire bref et de parler de soi (et d’éviter les « il faut », « pas le choix », etc, le « mais » également). « En même temps (car les deux sont présents), j’ai vraiment besoin de sortir de la maison de mon coté et de voir nos proches, c’est très important pour moi. ». N’ayons pas peur de nous affirmer, c’est important que nos enfants comprennent que nous avons des besoins également. Pas si simple, n’est-ce pas, de parler en « je » de ses émotions et besoins !

4. Lister toutes les solutions sans les évaluer
Biensûr,  il redit: « oui mais moi je ne veux pas partir ». Un peu moins fort qu’au début 🙂 Il s’est déjà apaisé parce qu’il s’est senti entendu. Je lui explique que nous allons lister sur une feuille toutes les solutions possibles sans choisir pour le moment.

Je prends une feuille blanche et j’écris donc : ne pas sortir et rester à la maison. Et je lui demande s’il a d’autres propositions. Puis je propose la mienne de départ : sortir cet après midi et ce soir, en dormant sur place. Il fait la moue, mais je lui rappelle qu’on écrit toutes les solutions. C’est le jeu. Puis j’en propose d’autres, et lui aussi. Jouer à la maison une heure puis sortir. Sortir cet après midi mais pas ce soir. Y aller ce soir mais rentrer après. Faire une autre sortie tous les deux seulement. Nous réfléchissons tous les deux et faisons travailler nos neurones. Régulièrement, je lui explique aussi les contraintes horaires qu’il ne maitrise pas bien (par exemple, si nous partons trop tard, nous ne pourrons pas aller dehors, il fera nuit).

Au final nous trouverons ensemble une quinzaine de solutions créatives !

5. Choisir les solutions acceptables pour les deux.

Je lui demande lesquelles sont inacceptables pour lui, et je les barre. J’en barre également de mon coté. Je relis la liste restante. Il y a plusieurs solutions possibles.

Et là…. et là…. il réfléchit quelques secondes et me dit : « Bon, si je peux jouer un petit moment maintenant, je veux bien qu’on y aille cet après midi et manger là bas ce soir avec tes amis. Par contre je voudrais rentrer dormir à la maison ».

#dansedelajoie !

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Hasard? Magie ? Outil très efficace ! Voilà, comment la résolution de conflits permet de résoudre ce type de problème : il s’est senti entendu et a été rassuré sur le fait que je tiens compte de ses besoins. Il a mieux appréhendé les contraintes temporelles en discutant du programme possible. Je suis prête aussi à lâcher le fait de dormir sur place parce que je me sens entendue aussi (et au final, après la soirée, et avec son accord nous sommes restés dormir car il a bien vu que nous étions trop fatigués pour le trajet, mais j’étais prête à rentrer pour respecter notre accord, s’il m’avait dit non). Bref, nous avons trouvé un vrai compromis où chacun s’est senti respecté et entendu. Et c’est loin d’être la seule fois que ma famille a expérimenté cela, avec satisfaction.

Ce que l’enfant apprend dans ce type de résolution :

  • que ses besoins ont de l’importance
  • que ceux de son entourage aussi
  • que nous ne sommes pas obligés de lutter l’un contre l’autre, mais nous pouvons œuvrer ensemble à résoudre les problèmes
  • que les conflits sont une source de meilleure connaissance de l’autre
  • qu’il peut être actif pour favoriser le bien être de tous
  • que les besoins ne sont pas forcément en compétition, mais qu’en mettant en commun notre créativité, nous pouvons satisfaire les besoins de tout le monde
  • qu’écouter les autres est primordial

Vous trouvez cela long? Essayez-le donc pour des conflits récurrents, cela fait gagner beaucoup de temps. Je viendrai peut être vous raconter ma dernière utilisation sur un conflit qui dure depuis des lustres.

Et si l’enfant ne respecte pas ses engagements? En général, il y a beaucoup plus de chance qu’un enfant respecte un accord quand il l’a trouvé avec ses parents et a été proactif dans la recherche de solution. Je l’ai moi même testé avec des ados de quartier difficile en collège. Mais ne me croyez pas sur parole ! Parfois, les enfants surestiment leurs capacités et s’engagent dans des choses trop difficiles pour eux. On peut leur rappeler le compromis trouvé, et si ça ne fonctionne pas, c’est qu’il est nécessaire de reprendre la résolution de conflit en tenant compte de ce qu’il se passe, en explorant leur ressenti et en essayant d’autres solutions plus abordables pour l’enfant.

Avez-vous déjà essayé ? N’hésitez pas à partager vos expériences en commentaires !

Pour aller plus loin

  • Une nouvelle autorité sans fessée ni punition, Catherine Dumonteil -Kremer
  • Poser des limites à son enfant et le respecter, Catherine Dumonteil -Kremer
  • Écouter pour que les enfants parlent, parler pour que les enfants écoutent, Faber & Mazlish
  • Parents efficaces, Thomas Gordon
  • une-nouvelle-autorite-sans-punition-ni-feee

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